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Areva met en vente FCI, sa division connectique

Par Jean-Pierre Vernay - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2975

FCI va être mis sur le marché. Areva, sa maison mère, vient d'entamer la dernière phase de négociations avec des fonds d'investissement.

C'est décidé, dans moins de deux semaines, FCI (Framatome Connectors International) sera fixé sur son sort et saura comment il quitte le giron d'Areva pour gagner celui d'un fonds d'investissement. Après un premier « round » en juillet, Bain Capital, BC Equity, KKR et One Equity ont été retenus fin août pour le dernier tour de piste. A l'issue de celui-ci, ils présenteront leurs offres fermes ainsi que le projet de reprise. L'opération se fera « aux alentours de la mi-septembre », selon une source proche du dossier. Avec le choix de l'heureux élu par Areva. Alors que toutes les offres d'achat semblent comprises dans une fourchette de 800 à 900 millions d'euros, le projet industriel pourrait faire la différence, selon la même source.

C'est la fin d'un long processus pour la filiale connecteurs du géant français de l'énergie. Depuis plusieurs mois en effet, celui-ci ne cache pas sa volonté de se séparer de la société, héritée de Framatome, qui n'appartient pas à son coeur de métier. Et qui surtout a mis trois longues années à sortir de la crise de l'électronique. L'entreprise a ainsi vu son chiffre d'affaires s'effondrer de 2,6 à 1,3 milliards d'euros entre 2000 et 2004, et son résultat opérationnel plonger tout aussi rapidement dans le rouge. En 2002, les pertes culminaient à 406 millions d'euros, avant de redescendre à 114 millions d'euros durant l'exercice suivant.

Une mutation du marché rapide et violente

La société, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, n'a pu éviter la grande mutation des télécommunications mobiles. « Nous sommes passés d'un secteur à très forte technicité, où les marchés étaient locaux, à une mondialisation de l'approche, caractérisée par de grands volumes accompagnés d'une très forte pression sur les prix », rappelle Pierre Gattaz, président du directoire de Radiall et porte-parole de la filière électronique française. Une évolution aussi rapide que violente, subie de plein fouet par FCI, dont le chiffre d'affaires dépendait des télécommunications à hauteur de 40 %.

Depuis, le redressement de la société - entamé en 2001 - s'est fait au prix de restructurations drastiques, qui ont coûté plus de 400 millions d'euros en deux ans. Et en 2003, la division MAI (regroupant Souriau, Jupiter et Burndy) spécialisée dans la connectique pour le militaire, l'aéronautique et l'industrie, a été vendue à un fonds d'investissements selon une procédure de LMBO.

Aujourd'hui, le périmètre de FCI est réduit aux deux grands secteurs que sont les télécomunications (38 % de son chiffre d'affaires) et l'automobile (43 %), accompagnés de la connectique industrielle (13 %) et des « microconnexions » destinées aux cartes à puce (6 %). Mais la cure d'amaigrissement a été bénéfique, puisque l'entreprise a retrouvé une profitabilité en 2004, avec 80 millions d'euros de résultat opérationnel, pour un chiffre d'affaires de 1,3 milliard d'euros. Commentant ces résultats en mars dernier, Anne Lauvergeon, présidente d'Areva, affichait son optimisme : « le redressement va se poursuivre pour les connecteurs », estimait-elle. Un petit bémol toutefois : les comptes de la division devraient rester stables en 2005, tant pour le chiffre d'affaires que pour les résultats.

Les « connecticiens » reconstruisent leur trésorerie

Hors du giron d'Areva, le nouveau FCI devrait faire jeu égal avec ses grands concurrents Tyco (le numéro 1 mondial), Molex ou encore Amphenol. Tous ont, à des degrés divers, souffert de la crise. « En convalescence, ils sont en train de reconstruire leur trésorerie », estime une source industrielle. Il n'est donc pas à exclure que, si FCI tombe bien dans l'escarcelle d'un fonds d'investissement, cette situation ne pourrait être que provisoire. Le français pourrait devenir une cible pour un de ses confrères.

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