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L'Usine de l'Energie

Areva : la Cour des comptes fait le procès d'Anne Lauvergeon

Ludovic Dupin , ,

Publié le , mis à jour le 13/05/2014 À 15H14

Attendu pour début juin mais révélé dans une version non-définitive dans la presse, le rapport de la Cour des comptes sur Areva entre 2006 et 2012 est un terrible réquisitoire à l'encontre de l'ancienne patronne, Anne Lauvergeon, qui a dirigé la société pendant dix ans. La cour du Compte nuance en affirmant qu’il faut attendre le rapport définitif.

Areva : la Cour des comptes fait le procès d'Anne Lauvergeon

(Mise à jour à 15h13) - La Cour des comptes a regretté, ce mardi 13 mai, les révélations de presse sur le rapport non-définitif de l’enquête en cours sur Areva. Dans un communiqué, la haute juridiction financière lance : "les observations que la Cour rend publiques sont formulées à l’issue de contrôles dont les conclusions font l’objet de délibérations collégiales préalables après contradiction avec l’organisme contrôlé. Tout commentaire présumant l’existence de constats définitifs de la Cour sur le sujet est  prématuré tant que la juridiction n’a pas procédé à ces délibérations".

Depuis plusieurs mois, le tonnerre couve du côté de la Cour de comptes. Les sages de la rue Cambon enquêtent sur l'ère 2006-2012 de la société Areva. Dans un pré-rapport confidentiel de 120 pages, révélé par plusieurs sources dont les Echos, la Cour est sans concession vis-à-vis d'Anne Lauvergeon dirigeante de l'entreprise jusqu'en 2011. Si ce document ne révèle pas de nouvelles affaires, elle aggrave la lecture des dossiers en souffrance et met à mal un fleuron qui semble perdre pied.

En premier lieu, la Cour des comptes dénonce la gouvernance de l'entreprise. Les pouvoirs ont été trop centralisés dans les mains d'une seule personne et le directoire n'a pas réalisé correctement son travail. Est reproché également aux dirigeants de l'entreprise d'avoir vu leur salaire croître trop rapidement. Anne Lauvergeon est nommément citée à cette occasion.

Un fournisseur prêt à tout

Plus grave, la gestion des grands projets est également dénoncée. Plusieurs chantiers d'Areva se sont traduits par des pertes financières sèches. Le rapport s'arrête longuement sur le cas de l'EPR d'Olkiluoto en Finlande. Ce contrat remporté en 2004 affiche aujourd'hui plus de 3,5 milliards d'euros de provisions et plus de cinq ans de retard. La Cour des comptes reproche à la société de ne pas avoir été capable d'estimer en avance les défis et enjeux du chantier. Le rapport parle même d'un fournisseur "prêt à tout pour vendre son premier EPR, dont le design n’était pas encore assez avancé", rapporte les Echos.

Mais ce qui pourrait prêter le plus à conséquence est la partie concernant le dossier Uramin. La société canadienne rachetée 1,8 milliards d'euros en 2007 a été massivement dépréciée en 2011 et a entraîné des provisions de deux milliards. Entre affaires d'espionnage et soupçons de malversation, Areva traîne cette affaire comme un boulet depuis trois ans. La Cour des comptes n'y apporte pas de nouveaux éléments mais affirme qu'elle n'a pas été jugée assez sévèrement : "Si obscures que soient certaines péripéties de l’affaire Uramin dont les tribunaux ont encore à connaître, celle-ci laisse apparaître des fautes individuelles ou des manquements, ne serait-ce que des défauts de surveillance, voire de la dissimulation, certes difficiles à apprécier mais que le groupe, selon les documents disponibles, n’a pas cherché à élucider. La direction a invoqué un dysfonctionnement de la gouvernance du groupe, formule trop vague pour clore une affaire grave". Les sages semblent vouloir voir des têtes tomber dans le dossier Uramin.

Pressentie auprès de Valls

La version finale et publique du rapport est attendu pour début juin. Mais ces premières fuites ne vont pas améliorer l'état d'un groupe dont la santé est réellement difficile à estimer. En 2013, Areva, engagé dans un vaste plan d'économie, enregistrait des bénéfices en hausse et pouvait se réjouir de gains de contrats importants (Atmea en Turquie, EPR au Royaume-Uni...) qui semblaient dessiner une relance du nucléaire après le coup d'arrêt de Fukushima. Pourtant, son résultat net restait largement  négatif à -494 millions d'euros.

A la lecture de ce rapport extrêmement virulent à l'encontre d'Anne Lauvergeon, on comprend mieux pourquoi cette dernière, attendue un temps dans l'équipe du Premier ministre Manuel Valls, a vu se refermer la porte du gouvernement en avril dernier. Depuis trois ans,  l'ancienne Sherpa de François Mitterrand peine à retrouver un poste à sa "dimension". Une fois débarquée d'Areva en 2011, elle a occupé la présidence du conseil de surveillance du quotidien Libération, a été un membre - très discret - du comité de pilotage du débat national sur la transition énergétique ou encore est devenue membre du Conseil de surveillance d'EADS. Elle vient également de faire un pas vers le numérique en prenant la tête du conseil d'administration de la pépite française Sigfox.

Ludovic Dupin

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