Areva et Total misent sur le biocarburant au Brésil
Le 18 août 2010 par Yann Le Houelleur
Depuis quelques années, le florissant secteur brésilien des biocarburants attire les investisseurs étrangers. Début août, Areva a conclu un accord avec Hidrotérmica pour la modernisation d’usines de cogénération. Total avait précédemment noué un partenariat stratégique avec une start up americano brésilienne, Amyris.
Le Brésil est le seul pays à avoir misé sur l’utilisation à grande échelle des biocarburants pour développer son agriculture mais également son industrie. Cette nation est considérée, à juste titre, comme le leader mondial des biocarburants. Exemple d’un tel dynamisme : depuis 2008, la consommation d’éthanol par les automobilistes brésiliens est supérieure à celle de l’essence traditionnelle. Non seulement l’ajout de 25 % d’éthanol dans l’essence vendue à la pompe est-il obligatoire mais les voitures dotées d’un moteur flexible ont connu un immense succès, avec au moins dix millions de modèles du genre circulant sur les routes du pays.
Cette puissance acquise par le Brésil dans la culture et l’industrie des biocarburants a commencé à attirer les investisseurs il y a quelques années. Parmi les derniers grands groupes étrangers à avoir déclaré leur flamme aux biocarburants verts et or : Areva. Il y a quelques semaines (une information passée inaperçue, toutefois), le leader mondial de la filière nucléaire a consolidé son assise au Brésil. Un pays qui convient bien à sa vocation récente pour un tout autre secteur : les énergies renouvelables. Une filiale d’Areva, Koblitz, a conclu un accord avec Hidrotérmica. Cette société a été créée de toutes pièces en 1999 par un grand acteur du BTP au Brésil, le groupe Bolognesi, pour exploiter le filon des énergies propres.
Selon les termes de cet accord, Areva Koblitz fournira des services clefs-en-main dans le cadre de la modernisation des usines de cogénération de la région du Nordeste. (processus permettant de produire en même temps et dans la même installation de l’énergie thermique et de l’énergie mécanique.)
Les installations concernées ont une puissance totale de 330 MW destinée au réseau brésilien. Hidrotérmica va investir 380 millions d’euros dans cet ensemble de projets.
A l’occasion de la signature de l’accord, Anil Srivastava, un des directeurs d’Areva, a donné une idée des ambitions de son groupe sur le terrain des énergies renouvelables : «Nous sommes en train de construire des centrales biomasses et hydroélectriques totalisant plus de 800 MW dans le monde entier.»
Biologie syntétique
Quelques semaines auparavant, au Brésil également, le pétrolier Total avait jeté les bases d’un partenariat stratégique avec Amyris Brasil S.A. Filiale d’une société californienne, celle-ci est une étoile montante parmi les start-up dédiées aux nouvelles technologies en matière de carburants. Elle propose des produits de pointe et des solutions à partir d’une plateforme industrielle de biologie synthétique qu’elle a développée elle-même.
Total s’est offert une participation de 17 % dans Amyris, ce qui lui permettra de prendre part aux unités de production. Amyris se consacre aussi bien à l’élaboration de carburants que de produits d’entretien et de colorants pour l’industrie alimentaire. La start up internationale s’est même lancée dans la production de médicaments contre la malaria.

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