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L'Usine de l'Energie

Areva et EDF assurent être d'accord sur le combustible

Publié le

Deux semaines après avoir été convoqués par le Premier ministre et sommés de s’entendre, Areva et EDF sont enfin parvenus à un accord pour le transport, le traitement et le recyclage des combustibles nucléaires usés. Les deux entreprises signeront un contrat avant la fin du premier trimestre 2010.

L’accord n’est pas encore signé. Mais les frères ennemis, Areva et EDF, ont publié un communiqué commun signifiant qu’ils signeraient « avant la fin du premier trimestre 2010 ».  Il est « prévu » qu’EDF augmente « à partir de 2010 » les quantités de combustibles usés traités à La Hague « de 850 tonnes par an à 1 050 tonnes par an » et les quantités de combustible Mox fabriqués à l'usine Melox « de 100 à 120 tonnes par an ». Des quantités liées : les 1050 tonnes de combustible usé retraitées à la Hague en 2010 représenteraient, après extraction du plutonium et retraitement chez Melox, dans le Gard, 120 tonnes de combustible Mox disponibles. C’est le volume maximal qu’EDF est aujourd'hui capable de brûler dans ses 22 réacteurs habilités à utiliser du Mox. Côté prix, le contrat représente environ un milliard d’euros de chiffre d’affaires pour Areva par an sur la base de ces 1050 tonnes de combustible à retraiter (850 tonnes représentaient environ 800 millions d’euros, un ordre de grandeur jugé réaliste par Jean-Pierre Gros, directeur de la branche recyclage chez Areva).

L’enrichissement se fait attendre

L’autre point chaud des négociations entre Areva et EDF ne s’est pas encore refroidi. Il s'agit de l’enrichissement de l’uranium d’EDF sur le site Areva d’Eurodif, pour lequel EDF préférerait faire appel la Russie en 2011 et 2012. Areva et EDF mettent tout en œuvre pour aboutir « rapidement » à la conclusion d’un accord, indique une porte-parole d'Areva. Faute de contrat pour la période 2011-2012, 500 emplois sont menacés dans l'usine du Tricastin.
Depuis le 4 janvier, Areva avait cessé de reccueillir à la Hague le combustible usé d'EDF, tandis qu’EDF n'était plus livré par Areva sur « une partie du combustible » selon l'électricien. Ce dernier point était d’ailleurs démenti par Areva. Les deux groupes ne s’étaient pas mis d’accord sur les prix et les quantités pour 2010. Ils avaient jusqu'à jeudi 4 février pour trouver un terrain d'entente : c'est le délai que leur avait fixé François Fillon à l'issue d'une rencontre avec les deux patrons, Anne Lauvergeon pour Areva et Henri Proglio pour EDF, le 20 janvier dernier. « Faute de quoi l'Etat les obligera à s'entendre », avait précisé le Premier ministre.

Si les rivalités entre Areva et EDF sont anciennes, elles ont atteint le mois dernier un niveau sans précédent, avec l'arrivée cet automne d'Henri Proglio à la tête d'EDF et son envie déclarée de reléguer Areva au rôle de sous-traitant. L’échec de l’équipe de France à Abou Dhabi, où les groupes français ont laissé échapper un contrat de 20 milliards de dollars pour la construction de quatre réacteurs, n'a rien arrangé. Un jeu dangereux, compte tenu de la dépendance mutuelle des deux groupes. EDF est le premier client de l'usine de La Hague, dont il représente 80 à 89% de l'activité. Areva, de son côté, fournit 68% des besoins d'EDF en amont du cycle nucléaire, notamment l'uranium enrichi à destination des centrales du groupe. Chacun cherche à diversifier ses débouchés à l’international.

Une question de gouvernance

Le texte en passe d’être signé concerne 2010, mais également 2011 et 2012. En effet, il s’agit d’un accord sur 5 ans, 2008-2012, sur lequel les groupes ne parviennent toujours pas à apposer leur signature. Un premier arbitrage de l’Etat s’était traduit par l’accord cadre 2008-2040 signé le 19 décembre 2008, qui doit être concrétisé tous les 5 ans par des accords commerciaux d’application engageants sur les volumes et les prix. Pour 2008-2012, l’application a toujours été la suivante : 850 tonnes en 2008, et 2009, puis 1050 tonnes en 2010, 2011 et 2012. Mais EDF et Areva n’ont jusqu’à présent pas signé ce contrat. L’enjeu pourrait se trouver ailleurs que dans les volumes et les prix.

 « EDF accepte de s’engager sur un carnet de commandes jusqu’en 2040, mais souhaite en contrepartie bénéficier d'une visibilité sur les coûts, et les investissements d’Areva. Si Areva est quant à elle prête à travailler en partenariat, c'est en gardant son autonomie de pilotage. Il ne faut pas mélanger les genres », déclarait le 19 janvier à l’Usine Nouvelle.com Jean-Pierre Gros, directeur de la branche recyclage chez Areva. Le géant de l’atome a peut-être dû faire des concessions. Interrogé sur ce point, Areva n’était pas en mesure de répondre au moment de la rédaction de cet article.

 

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