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Areva diversifie ses sources en Namibie

19/06/2008
Le groupe va développer une mine d'uranium de 8 millions de livres de capacité à Trekkopje.
Areva diversifie ses sources en Namibie Le groupe nucléaire français Areva vient d'annoncer un investissement de  750 millions de dollars afin de développer la plus importante mine d'uranium de Namibie. Le ministère namibien des Mines a accordé une licence à cet effet mardi à la société française qui va construire un complexe minier à Trekkopje, à 300 kilomètres à l'ouest de Windhoek, la capitale du pays, a précisé Iain McPherson, directeur de la filiale locale d'Areva UraMin.

« Nous traiterons 100 000 tonnes de minerai par jour pour extraire six à huit millions de livres d'uranium par an », a indiqué Iain McPherson, affirmant que les travaux devaient débuter immédiatement pour que la mine entre en production fin 2009. La mine, qui aura une durée de vie de 10 à 12 ans, devrait créer environ 800 emplois. Pour former des techniciens et des ingénieurs, la firme va former en France des salariés namibiens. Areva est présent en Namibie grâce au rachat pour 2,5 milliards de dollars du canadien UraMin l'an dernier.

La mine de Trekkopje devrait se placer parmi les dix plus importantes mines du monde. On est loin cependant de la mine géante - cuivre, uranium et or - d'Olympic Dam en Australie, appartenant à BHP Billiton. Disposant, selon BHP, de 2,3 millions de tonnes de réserves (5 milliards de livres, un tiers des réserves mondiales), elle devrait produire annuellement 11 millions de livres, puis monter à 40 millions de livres !

Ce nouveau développement arrive quelques jours après la signature d'un protocole d'accord de développement stratégique entre Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, et Moukhtar Dzhakishev, président de Kaztomprom. Aux termes de cet accord, le joint venture Katco, propriété d'Areva à 51 % et de Kaztomprom à 49 %, devrait produire annuellement 4 000 tonnes d'uranium qui sera commercialisé en totalité par la firme française. Après le Canada et le Niger, Areva disposera désormais de deux autres sources majeures d'approvisionnement au Kazakhstan et en Namibie.

Il y a un an, le cours de la livre d'uranium (U3O8) établissait un record à 138 dollars, pratiquement quatorze fois le niveau auquel il se traînait au début de la décennie. Depuis, la chute ne s'est pas interrompue et la livre d'uranium sur les marchés spot ne cote plus que 57 dollars, selon Ux Consulting, ou 59 dollars, selon TradeTech. La baisse devrait cependant toucher bientôt à sa fin et les analystes de RBC Capital envisagent un plancher à 55 dollars. Des cours déprimés trop longtemps risqueraient de remettre en cause les programmes d'exploration et de développement nécessaires à l'augmentation de la production. Sans cette offre additionnelle, les importants programmes de construction de nouvelles centrales nucléaires seraient menacés. Toutefois, les prix à terme de l'uranium se maintiennent à un niveau sensiblement plus élevé, puisqu'ils n'ont pas perdu plus de 5 dollars, à 90 dollars. Avec 33 nouveaux réacteurs atomiques en construction, 94 commandés ou planifiés et environ 200 autres à l'étude, il faudra bien les alimenter en uranium ainsi que les 440 réacteurs en activité.

Daniel Krajka

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