[ACTUALISE] - Au lendemain de son assemblée générale, le groupe nucléaire est accusé le 11 mai d’avoir commis une "faute inexcusable".
Le tribunal des affaires de Sécurité sociale (TASS) de Melun a condamné Areva pour le décès par cancer du poumon d’un ex-salarié Serge Venel d’une mine d’uranium du groupe au Niger, selon l’avocat de la famille de la victime, Me Jean-Paul Teisonière.
Le tribunal a en effet considéré que le groupe a commis une "faute inexcusable", en tant que "co-employeur". Il a condamné l’entreprise à verser des dommages et intérêts d’un montant dépassant les 200 000 euros et le doublement de la rente de la veuve de cet ancien salarié. A l'issue de l'audience, la famille a fait part de son immense joie. Mais elle a aussi expliqué qu'Areva allait sûrement faire appel de la décision.
Pour l'avocat, "juridiquement, Areva n'était pas l'employeur direct, mais les questions de sécurité et les conditions d'exploitation de la mine sont définies par Areva. Le tribunal a dépassé l'apparence pour reconnaître la réalité des relations sociales de l'entreprise".
Le groupe Areva de son côté a déclaré dans la journée ne pas comprendre cette décision. Il estime notamment que le lien entre la maladie et le passage dans la société n'était "pas démontré". "On se réserve le droit de faire appel, une fois qu'on aura le jugement entier", a ajouté le groupe.
Serge Venel est décédé en juillet 2009 d'un cancer au poumon, après avoir travaillé entre 1978 et 1985 dans une filiale du groupe Areva, la Cominak. Cette société de droit nigérien exploite des mines d'uranium du groupe à Akokan.
Selon la fille de la victime questionnée à l'audience, les médecins ayant diagnostiqué le cancer de son père l'ont clairement imputé à l'inhalation de poussières d'uranium.









