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Dossier

Le monde selon Fukushima

Areva a créé un business "Fukushima"

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Areva
© D.R. - Areva

Au lendemain de Fukushima, Areva créait la "Safety Alliance" afin de proposer un ensemble de solutions adaptées aux nouvelles exigences de sûreté nucléaire. Après deux ans, le groupe a enregistré 170 millions d’euros de commandes dans le monde.

L’accident de Fukushima a initié une revue de l’ensemble du parc mondial afin de mesurer les risques de perte totale de l’alimentation électrique et des sources froides, comme survenu sur la centrale japonaise. Rapidement, le champion nucléaire français a anticipé la vague de travaux qui allait en découler sur une bonne partie des 435 réacteurs existants et des 61 en construction. "Avant Fukushima, en matière de sûreté, nous nous placions en réponse aux demandes des électriciens. Aujourd’hui, nous avons une démarche proactive. Nous allons vers les électriciens pour les aider à tirer les enseignements de l’accident japonais", explique Luc Oursel.

Cette démarche a été concrétisée par l’initiative "Safety Alliance", qui repose sur l’analyse, le renforcement et la mise à jour des procédures de sûreté. Concrètement il s’agit d’un catalogue de 35 produits et services adaptés aux exigences des autorités de sûreté nucléaire. Il ne s’agit pas à proprement parler d’innovations, mais de regroupement de technologies existantes. Lancé dès 2011, ce nouveau business réussit plutôt bien. Areva a enregistré 85 projets pour 42 clients dans 16 pays (Japon, Canada, France, Allemagne, Etats-Unis, Brésil…).

Par exemple : analyse de résistance aux séismes en Suisse, renforcement de l’injection de sûreté en France, fourniture de recombineurs d’hydrogène au Japon, création du centre de réponse national aux accidents nucléaires aux Etats-Unis… Le chiffre d’affaires 2011 se situait à 22 millions d’euros, celui de 2012 à 150 millions. Luc Oursel anticipe une croissance de 25 % en 2013. Surfant sur ce succès, Areva lance la "Forward Alliance", qui a pour but d’accompagner le passage imminent d’environ 150 réacteurs dans le monde au-delà de l’âge de 30 ans.

Pour ce qui est de la construction de nouveaux réacteurs, "la croissance mondiale n’a été que légèrement réduite et surtout décalée. Je ne pense pas qu’il y aura un impact quantitatif, il y aura surtout un impact qualitatif", juge Luc Oursel. Le patron d’Areva vante ainsi son EPR qui fait partie des réacteurs répondant aux plus hauts critères mondiaux de sûreté sur le marché. Il souhaite que son groupe en vende 10 exemplaires d’ici 2016.

Ludovic Dupin

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2 réactions

Pixel | 05/03/2013 - 10H37

Tout cela va encore augmenter les charges des exploitants de centrales, ce qui - combiné au cours de l'uranium orienté durablement à la hausse, à la concurrence grandissante de pays tels que la Chine pour capter la ressource, et bien que Luc Oursel vante l'EPR, à ce qu'implique en terme de compétences et de crédibilité l'incapacité d'AREVA d'en maîtriser le budget, la prise en compte des coûts de traitement des déchets... - va renchérir encore et encore le KW pour nos entreprises.

Le moment approche donc de plus en plus rapidement où le KW renouvelable va devenir plus compétitif que le KW nucléaire, courbe qui ne pourra que s'accentuer au profit du renouvelable au fur et à mesure de la montée en puissance technologique, et à ce moment que nous importera (et aux acheteurs d'énergie) que la France produise les centrales les plus sûres d'un mode de production d'énergie obsolète, le plus coûteux et le plus dangereux au monde ?

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Glen Runciter | 05/03/2013 - 08H18

"Il souhaite en vendre 10 d'ici 2016."

Faudrait déjà en voir un qui fonctionne, d'EPR...

Et une chose qui n'est pas citée dans l'article: le MOX d'Areva, ça marche toujours aussi fort, après Fukushima ? Et le système de retraitement des eaux contaminées à Fuku, annoncé comme performant et qui a fini au rencart. Comme quoi le malheur des uns fait le bonheur des autres, qui se sont vite tirés de Fukushima en Mars 2011.

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