Ardennes Forges, repreneur de Thomé-Génot, vise la Chine

Le 13 novembre 2007 par Rédaction L'Usine Nouvelle

Nouveaux remous à Nouzonville dans les Ardennes. L'entreprise Ardennes-Forges, qui a repris en partie l'ex-équipementier automobile Thomé-Génot au début 2007, a annoncé l'installation de « deux lignes de production sur une douzaine » en Chine, à Shandong. Elles devraient être opérationnelles à la mi-2008.

« Il ne faut pas parler de délocalisation, nous suivons la stratégie annoncée, à savoir, suivre nos clients où ils sont implantés », a déclaré Bruno Queval, directeur d'Ardennes Forges, « l'activité en Chine vient en complément du site de Nouzonville, le site chinois n'a de sens qu'avec celui des Ardennes et inversement », a-t-il ajouté. Le site ardennais fabrique des pôles d'alternateurs pour les entreprises automobiles Valeo et Ford. Le contrat avec le constructeur automobile américain se termine en 2008 et devrait engendrer une baisse d'effectif.

Fin 2006, Thomé-Génot est placée en liquidation judicaire, qui conduit au licenciement de 294 salariés. Ardennes Forges reprend une partie des activités et emploie 62 personnes dont 48 anciens salariés du site. Le Conseil Général avait soutenu l'initiative d'Ardennes Forges en rachetant les machines de l'équipementier et en les mettant à disposition du repreneur. Pour Yannick Langrenez, ancien représentant de la CGT chez Thomé-Génot et vice-président de l'association des anciens de Thomé-Génot, « c'est choquant que l'argent du contribuable soit délocalisé ». Selon l'ancien salarié de l'équipementier automobile, la direction d'Ardennes Forges aurait même demandé à ses employés de former l'effectif chinois.

Camille Harel

Bilan maussade pour le reclassement des « Thomé-Génot »

Un an après la liquidation judiciaire, le bilan du reclassement professionnel des anciens salariés de Thomé-Génot est loin d'être encourageant. En novembre 2006, 268 salariés de Thomé-Génot acceptent de signer un CTP (Contrat de transition professionnelle), contre une prime de 25 000 euros versée par l'Etat, la région et le département. Ce type de contrat prévoit le versement de 80% du salaire brute pendant un an, pour le bénéficiaire qui s'engage à chercher un emploi. Selon l'association nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA), « 35% sont en CDI et 30 à 40 % sont en situation précaire ou sans emplois ». Pour Yannick Langrenez, « le CTP prend fin le 20 novembre prochain, on en laissera plus de 30% sur la touche ».
C.H.

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