"ArcelorMittal semble vouloir générer une pénurie d’acier", selon la CFE-CGC
Par Barbara Leblanc - Publié le
articles liés
ArcelorMittal : Nicolas Sarkozy promet de "tout faire" pour sauver Florange CEE suspendu à ArcelorMittal : Florange s’insurge contre une "mort programmée"Un comité central d’entreprise est en cours à l’usine Florange d’ArcelorMittal. Les salariés, dont ceux de l’encadrement, demandent à la direction d’éclaircir sa stratégie pour les deux hauts fourneaux, à l’arrêt depuis octobre.
Depuis ce 23 février au matin, entre 200 et 300 métallurgistes de l’usine de Florange bloquent la sortie des expéditions du site. Leur objectif ? Tenter d’obtenir de la direction le redémarrage des hauts-fourneaux à l’arrêt depuis octobre.
La veille déjà, la CFE-CGC a réclamé la même chose via un courrier adressé au patron du site, Robrecht Himpe. "Nous voulons lui dire que nous ne comprenons rien à la stratégie du groupe, souligne le secrétaire national du syndicat, Xavier Le Coq, contacté par L’Usine Nouvelle. La direction ferme deux hauts fourneaux et dans le même temps nous dit qu’on ne produit pas assez de brames pour alimenter tous nos clients. Cette stratégie n’est pas économiquement viable. Même des membres de l’encadrement ne comprennent pas où on va".
"Faire grimper les prix"
Le syndicat souligne que le groupe semble vouloir générer une pénurie de brames, pour faire grimper les prix de vente et augmenter ses profits. Mais selon le responsable syndical, "ceux qui vont en profiter seront nos concurrents, ThyssenKrupp et les autres".
A l’occasion du comité central d’entreprise, la direction devrait confirmer sa stratégie, avec des chiffres à l’appui, selon Xavier Le Coq. Mais le syndicat en propose une autre : "rallumer le haut fourneau P6, construire une stratégie industrielle ambitieuse et procéder à un recentrage sur les points forts de chaque installation et à une politique de reconquête de parts de marché sur les marchés Industrie".
De son côté la fédération de la métallurgie FO a réclamé des engagements écrits de la part de la direction du groupe et des pouvoirs publics portant sur l’avenir du site mosellan.
Mort programmée
ArcelorMittal a confirmé la semaine dernière la prolongation de l’arrêt de la filière liquide lorraine pour le deuxième trimestre 2012. D’après le syndicat, elle devrait se poursuivre au troisième trimestre, sauf changement de stratégie industrielle et sociale. Le n°1 mondial de la sidérurgie assure qu'il ne s'agit que d'une mise en veille temporaire rendue nécessaire par une demande insuffisante.
Les syndicats craignent la "mort programmée" de ce site, où travaillent 5 000 salariés. "Nous avons décidé de frapper Mittal là où ça fait mal: le portefeuille", a déclaré le responsable CFDT Edouard Martin, en annonçant "un blocage d'une durée illimitée".
Actuellement, le laminoir train à chaud de Florange produit toujours quelque 200 000 tonnes par mois d'acier technique pour l'industrie automobile. Il est approvisionné avec des brames d'acier produites par l'usine d'ArcelorMittal de Dunkerque. Via leur mouvement, les salariés du site de Florange entendent désorganiser la fabrication dans l’industrie automobile, notamment Peugeot, Volkswagen ou Toyota.
Les syndicats ont promis que jusqu'à l'élection présidentielle du 6 mai prochain ils seraient le cauchemar des pouvoirs publics. Le candidat et président sortant Nicolas Sarkozy a expliqué mardi dernier qu'il ferait tout pour sauver le site, après avoir contacté les responsables du site.
La fiche ArcelorMittal Atlantique & Lorraine à Florange
avec
TOUT SAVOIR SUR...
Ses investissements, ses actualités, ses dirigeants, sa production...

dans la même rubrique
25/05/2012 Les Bouses européennes finissent dans le vert25/05/2012 Thales à l’honneur à Cannes
25/05/2012 MARCHES-SYNTHESE-CLOTURE-20120525












