ArcelorMittal produira des aciers propres en 2015 à Florange

Le 09 mars 2009 par Redaction L'Usine Nouvelle

Alors que d'autres renoncent à leurs coûteux projets de capture de C02, le site ArcelorMittal de Florange en Moselle est choisi pour concrétiser la « sidérurgie propre ».

La plate-forme technologique européenne de l'acier (Estep), qui regroupe ArcelorMittal, ThyssenKrupp et Corus entre autres, a retenu le site de Florange (Moselle) pour accueillir le pilote industriel de captage de CO2, dans le cadre du projet Ulcos (Ultra Low CO2 Steelmaking). L'objectif de ce projet est de réduire de 50% les émissions de dioxyde de carbone de la sidérurgie, et de répondre ainsi aux exigences de la Commission Européenne à l'horizon 2012. L'annonce en a été faite à Bruxelles le 5 mars, par Michel Wurth, Président d'Estep et vice-Président du groupe sidérurgique indo-luxembourgeois.

1t d'acier = 2 t de C02

Pour l'instant, produire une tonne d'acier émet deux tonnes de CO2. « C'est le ratio lorsqu'on extrait de l'acier du minerais », confirme Daniel Soury-Lavergne, directeur général France d'Arcelor Mittal. « Lorsque l'on produit de l'acier à partir du recyclage de la ferraille, on tombe à des ratios beaucoup plus bas. Mais compte tenu de la consommation mondiale d'acier, l'essentiel est produit à partir du minerais ». A.L.

L'usine mosellane d'ArcelorMittal dispose d'un haut fourneau permettant de valider industriellement cette nouvelle technologie, qui a déjà fait l'objet d'une expérimentation sur un mini-haut fourneau en Suède en 2008.

Cette annonce a rassuré en partie, les élus et les responsables syndicaux lorrains qui s'inquiétaient de la pérennité du site, qui emploie tout de même 3 500 salariés, et dont un des hauts fourneaux est actuellement à l'arrêt jusqu'à l'été prochain.

La poche géologique de stockage est trouvée, mais reste secrète

Suède, Allemagne, puis France. D'abord expérimentée en Suède à l'échelle du laboratoire, la technologie de capture du carbone contenu dans les fumées émises par les hauts-fourneaux du sidérurgiste sera expérimentée en Allemagne « sur un très petit haut-fourneau », précise Daniel Soury-Lavergne, directeur général France d'Arcelor Mittal. « L'expérimentation y sera menée pour la partie circulation et recirculation des gaz. »
Pour l'aval, le transport et l'enfouissement du carbone dans une poche sous-terraine aquifère, il faudra attendre le pilote industriel français de Florange. « Nous avons la quasi-certitude d'avoir trouve la poche géologique, mais sa localisation reste pour l'instant confidentielle », précise le directeur général.
C'est que mieux vaut ne pas mobiliser les foules : les risques de fuite inquiètent les riverains, le CO2 étant toxique à une concentration supérieure à 5% de l'air. L'expérimentation allemande devrait prendre fin en 2014-2015, date à laquelle devrait démarrer l'activité à grande échelle à Florange. A.L.


Il ne reste plus qu' à finaliser le montage financier de ce projet, qui mobilisera 400 millions d'euros d'investissement entre 2011 et 2015. L'Union Européenne, dans le cadre de son plan de relance, a dégagé 50 millions d'euros. Et les aciéristes comptent bien solliciter les industriels utilisateurs d'acier (équipementiers et constructeurs automobiles par exemple) et les gouvernements français et allemand concernés. Une phase d'expérimentation intermédiaire (2010-2014) doit en effet, avoir lieu sur un autre site d'ArcelorMittal, à Eisenhüttenstadt en Allemagne, mobilisant un investissement équivalent.

En Lorraine, Pascal Ambrosi

Industriels associés : Paul Wurth, Geogreen, et sûrement Air Liquide

Ce projet mobilise deux types d'industriels : « des spécialistes de la capture, en amont, et des spécialistes du transport et de l'enfouissement, en aval » explique le directeur général France d'Arcelor Mittal. « Pour la capture, c'est le spécialiste de l'ingénierie du haut fourneau Paul Wurth qui interviendra ». Le groupe est luxembourgeois, mais il s'agit d'une filiale d'ArcelorMittal. « Un spécialiste des gaz industriel sera également associé », précise le directeur général, citant « le leader Air Liquide », mais évoquant la possibilité d'une « association avec d'autres », le partenariat n'étant définitivement établi. « Pour l'enfouissement », ajoute-t-il, « nous avons commencé à travailler avec Geogreen », la filiale du BRGM, le bureau d'investigation et de recherche géologique. Quant au transport, le sidérurgiste aura besoin « d'un pipeline pour transporter le carbone sous pression dans la poche géologique, qui n'est pas à proximité immédiate, ce serait trop beau », conclut le directeur général sans citer d'industriel. A.L.

 

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Lire aussi :
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