Le sidérurgiste européen a signé un accord avec Dofasco le numéro 1 canadien de l'acier, dont il va pouvoir lancer l'acquisition pour près de 4 milliards d'euros.
Deux mois après avoir lancé son OPA sur Dofasco, Arcelor a finalement mardi obtenu le soutien du conseil d'administration du premier sidérurgiste canadien. Pour 3,95 milliards d'euros, soit 25 % de plus que les 3,2 milliards proposés initialement, le sidérurgiste européen va donc pouvoir initier l'acquisition en Bourse du producteur d'acier.
Une opération réalisée au détriment de Thyssenkrupp qui, après une série de surenchères avec Arcelor, a renoncé à l'opération au début de cette semaine. Même au prix fort, pour Arcelor, cette future acquisition (qui devrait obtenir sans difficulté l'aval des autorités de la concurrence), est sans aucun doute une bonne nouvelle. D'abord parce que le groupe sidérurgique, qui a maintes fois affirmé sa volonté de participer à la consolidation de la sidérurgie mondiale, avait échoué dans ses récents projets d'acquisition (en Turquie et en Ukraine). De plus, son rival Mittal Steel lui a ravi la première place mondiale en rachetant il y a un an l'américain ISG.
Si l'on s'en tient à la taille, l'intégration prochaine de Dofasco n'est pas spectaculaire : le canadien apporte à Arcelor une production de 5 millions de tonnes d'acier par an, soit 10 % de capacité supplémentaire. Mais l'opération ouvre de belles perspectives stratégiques. En effet, alors qu'il détient la moitié du marché européen de l'acier pour l'industrie automobile, Arcelor est quasiment absent du continent nord-américain. Avec Dofasco, le groupe va s'octroyer d'un seul coup 10 % du marché automobile américain. Le principal site industriel de Dofasco, installé à Hamilton dans l'Ontario, est d'ailleurs bien placé géographiquement pour livrer les constructeurs de Detroit.
Autre atout : depuis juillet 2005, Dofasco est propriétaire d'une mine de fer, QCM (Québec Cartier Mining). Un avantage non négligeable, quand le prix du minerai sur le marché atteint des sommets (+71,5 % en 2005). Enfin, lors du lancement de son OPA, Arcelor avait souligné les synergies possibles entre Dofasco et ses propres filiales brésilliennes. CST, qui construit un nouveau haut fourneau, devrait ainsi alimenter en brames d'acier à coûts compétitifs les laminoirs de Dofasco. Enfin, Arcelor et Dofasco ont déjà eu l'occasion de travailler ensemble à travers une ligne de tôles galvanisées pour l'automobile construite en commun.









