Arbel Fauvet Rail continue
Publié leLe 15 décembre, les 235 salariés douaisiens de l’ultime fabricant français de wagons ont pu souffler de nouveau. Alors que leur société était en procédure de redressement depuis février 2009, le tribunal de commerce de Paris a accepté le plan de continuation proposé.
Pas de repreneur pour Arbel Fauvet Rail au final, mais un nouvel horizon. « Les clients ont aidé, les fournisseurs ont été patients et, grâce à ça, les banques ont été disposées à discuter » synthétise Fabrice Girard, avocat au cabinet Théron, en charge de la mise en place du plan de continuation. Sans cet effort, la société de Douai, détenu par le fond d’investissement IGF, ne sera pas allé bien loin. En avril 2009, alors en cessation de paiement, elle affichait un passif de 283 millions d’euros qui, une fois assaini de certaines aberrations de calculs, a été ramené à 100 millions d’euros. Grâce à la décision des clients de ne récupérer que 70% de leur dû sur cinq ans et la transformation d’une part de la créance en obligations convertibles en actions, la dette totale a été ramenée à 20 millions d’euros.
Cette dernière somme devra être remboursée en 9 ans. Pour cela, la société s’appuiera sur un carnet de commandes 2010, déjà bien rempli, affichant 70 millions d’euros (contre un chiffre d’affaires de 30 millions en 2009 et de 15 millions en 2008). Les principaux clients d’Arbel Fauvet Rail, Colas et Millet, se sont en effet engagés sur des commandes importantes dans les deux ans à venir. Par ailleurs, un accord commercial a été signé avec le fabricant américano-polonais Greenbrier (un temps imaginer comme repreneur) pour mutualiser l’achat de matières premières et la réponse à certains appels d’offres. De plus, Arbel Fauvet Rail « louera » des brevets à Greenbrier selon les besoins. Au-delà de l’accord commercial, Greenbrier va racheter au français une ligne inutilisée de production de wagons citernes. Les discussions pour cet achat sont en cours.
Ludovic Dupin

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