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L'Usine Aéro

Aquitaine – Midi-Pyrénées : les fournisseurs d'Airbus gardent le bon cap

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Les PME du Sud-Ouest accompagnent la montée en puissance de l’avionneur. Elles doivent financer leurs investissements pour suivre les cadences et maintenir le niveau des recrutements.

Aquitaine – Midi-Pyrénées : les fournisseurs d'Airbus gardent le bon cap
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© Maz’Air et huit autres entreprises ont créé une plate-forme d’achats.

L’aéronautique civile affiche une bonne santé indécente. Dans le Sud-Ouest, où est concentré près d’un tiers de la filière nationale, après une année 2011 qualifiée « d’exceptionnelle » par l’Insee, le secteur a continué à se renforcer. Les livraisons d’Airbus étaient passées de 378 appareils en 2005 à 534 en 2011. L’an passé, nouvelle hausse : 588 avions ont été livrés aux clients. Et ce n’est pas tout ! Le carnet de commandes de l’avionneur européen est plein pour les sept prochaines années. Si l’effet Airbus joue à plein régime, les autres constructeurs, Boeing et ATR en tête, ne sont pas en reste. Un véritable défi à relever pour la supply chain !

« Les entreprises ne doivent pas rester isolées » Didier Katzenmayer, responsable de la consolidation de la supply chain chez Airbus, en France

  • Quelles sont les attentes d’Airbus concernant ses fournisseurs ?

Dans un contexte de forte croissance, il faut que les structures de bilan de nos fournisseurs soient au rendez-vous.

  • Comment accompagnez-vous les entreprises de la filière dans cette démarche de consolidation financière ?

Pour le haut de bilan, Airbus est partenaire du fonds spécialisé Aerofund 2, aux côtés de la Caisse des dépôts et du groupe Safran. Nous sommes favorables au montage d’un nouveau fonds, Aerofund 3, pour amplifier cette démarche de consolidation des fonds propres. Concernant les besoins en fonds de roulement, Airbus s’est engagé à porter ses commandes fermes à six mois minimum, pour permettre aux entreprises de mieux négocier des avances de trésorerie auprès de leurs banques. Cet engagement doit être répercuté sur la supply chain, par les fournisseurs de rang 1 vers ceux de rang 2.

  • Quel message souhaitez-vous adresser aux entreprises ?

Surtout qu’elles ne restent pas isolées, qu’elles viennent nous rencontrer, en direct, ou via des organisations telles que le Gifas, le pôle Aerospace Valley ou l’association Space. Airbus est à l’écoute des entreprises de la supply chain. Au cours des dernières années, nous avons accompagné plusieurs dossiers avec succès et nous continuerons à le faire.

Problème de riches railleront d’aucuns, mais problème certain insistent les acteurs de la filière. De nombreuses entreprises des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées sont confrontées à une crise de croissance. Elles doivent à la fois trouver les moyens de financer leurs investissements pour suivre les cadences imposées par les donneurs d’ordres et maintenir un fort niveau de recrutement. « Si nous ne parvenons pas à répondre aux besoins des constructeurs, c’est une partie de la charge qui risque de nous échapper », prévient Agnès Paillard, la présidente du pôle de compétitivité Aerospace Valley, dont le siège est installé à Toulouse (Haute-Garonne).

« Notre industrie est très capitalistique. Une structure de bilan saine et un équilibre financier sont nécessaires pour intégrer notre supply chain », insiste Didier Katzenmayer, le responsable de la consolidation de la supply chain chez Airbus pour la France. « Le financement des PME de la filière est un sujet qui demande une réelle vigilance », reconnaît Agnès Paillard. Le renforcement de la structuration financière des entreprises figure d’ailleurs en très bonne place dans les axes prioritaires d’Ader III, le plan de soutien à la filière imaginé et cofinancé par l’État et la région Midi-Pyrénées pour la période 2011-2014.

Et chacun doit trouver sa solution. Figeac Aero, par exemple, a obtenu une aide à la réindustrialisation de 10 millions d’euros dans le cadre des investissements d’avenir. Son programme pluriannuel d’investissements, qui s’élève à 35,5 millions d’euros, prévoit l’extension de ses sites de Figeac (Lot) et de Méaulte (Somme). « D’ici à la fin 2013, sur notre segment de marché, le nombre de fournisseurs de rang 1 d’Airbus devrait être ramené de 20 à 15, précise Jean-Claude Maillard, le PDG. Bien évidemment, nous comptons faire partie des 15. » Le chiffre d’affaires de Figeac Aero est passé de 47,5 millions d’euros en 2010 à 97 millions en 2012.

D’autres entreprises ouvrent leur capital pour muscler leurs fonds propres et accompagner des projets d’investissements ou de croissance externe. Le fonds spécialisé Aerofund, géré par ACE Management et auquel participent CDC Entreprises, Airbus, Safran, EADS et Eurocopter, fait régulièrement son marché dans le Sud-Ouest [1] . Aerofund est actionnaire de STTS à Blagnac (Haute-Garonne) ; Sotip, tôlerie fine de précision à Labège, près de Toulouse [lire aussi page 52] ; ou Mecahers, à Launaguet (Haute-Garonne), qui, après avoir ouvert son capital, a choisi d’intégrer le groupe Mecachrome. « Si nous n’avions pas fait le choix d’ouvrir notre capital, nous n’aurions jamais pu continuer à financer notre croissance », explique Patrick Razat, le président de Mecahers.

Pour certains, la solution passe par une mutualisation des moyens. Neuf entreprises d’Aquitaine et de Midi-Pyrénées (Cauquil, Espace, Figeac Aero, Lauak, Map, Maz’Air, Mecahers, Sud Aéro et Sotip) ont ainsi créé Aerotrade, une plate-forme d’achats, qui a signé à la fin 2012 sa première commande de matières premières. Airbus apporte une garantie financière de 15 millions d’euros et l’État, via une avance remboursable d’Oséo de 3,5 millions d’euros.

 

Recrutement soigné

Reste la question du recrutement. L’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) de Midi-Pyrénées a évalué les besoins de main-d’œuvre de l’aéronautique dans la région pour les deux ans à venir. Neuf mille postes seront concernés. Selon l’Insee, au printemps 2012, près de trois chefs d’établissement sur quatre déclaraient rencontrer de réelles difficultés à trouver du personnel qualifié. La tension est particulièrement forte pour les chaudronniers, les ajusteurs-monteurs, les fraiseurs et les soudeurs. Les opérations de communication en direction des jeunes se multiplient. Tout comme les salons de recrutement. L’UIMM et Pôle emploi préparent de nouvelles initiatives.

Le développement de la méthode de recrutement par simulation permet ainsi de détecter plus de candidats parmi les demandeurs d’emploi. Des opérations de mutualisation du recrutement et de la formation font également leurs preuves. En Ariège, l’Union patronale a monté un programme avec Ariège Expansion, l’État, Pôle emploi et la chambre de commerce et d’industrie pour une dizaine d’entreprises. Il porte sur une cinquantaine de postes. Les candidats bénéficieront d’une formation chez Recaero, à Pamiers.

 

Face aux difficultés à recruter, des sociétés se dotent de structures de formation. C’est le cas d’AAA à Colomiers (Haute-Garonne). « Il faut bien former ces personnels qui n’arrivent pas “tout faits” dans l’entreprise », explique Mariano Larren, le responsable du recrutement chez AAA. Créé pour répondre aux besoins internes, ce centre spécialisé sur les métiers supports (préparateurs, support logistique) s’ouvre progressivement à d’autres sociétés de l’aéronautique. Dans le Gers, où il est implanté à Gimont, l’équipementier toulousain Latécoère s’est associé à d’autres entreprises et aux acteurs locaux de l’emploi pour lancer un bac pro technique d’usinage au lycée Clément Ader de Samatan.

Des « problèmes de riches » vous dit-on ! ??

 

[1] ACE Management a annoncé, le 25 janvier à Toulouse, le lancement de sa troisième génération de fonds dédié à l’aéronautique. Aerofund III sera doté, à terme, de 300 millions d’euros.

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