Aquasure décontamine les eaux troubles
Le 28 mai 2009 par Aurélie Barbaux | L'Usine Nouvelle n° 3149Cette société a mis au point des tablettes qui assainissent les eaux de surface souillées. Mieux : elle propose une solution complète et durable pour fournir de l'eau potable dans les pays en voie de développement.
L'accès à l'eau potable ne dépend pas d'une technologie particulière. Denis Chavanis, le président d'Aquasure, le sait bien. « Il y a partout dans le monde des cimetières d'équipements hors d'état de marche. Il faut proposer une solution complète, simple et pérenne, mais qui s'appuie sur la sensibilisation des populations à la santé et à l'hygiène », explique cet homme de marketing, qui a passé vingt-cinq ans chez Nestlé Waters. C'est pourquoi il défend ardemment son concept de dépollution d'eau turbide, basé sur trois composantes : des pastilles bicouches de décontamination à effet séquencé (coagulation, puis chloration) pour rendre l'eau potable ; une unité de potabilisation autonome et modulable (cuve alimentaire, filtre, pompe) ; enfin, un modèle d'exploitation gérée par un opérateur privé (généralement une femme), qui assure le traitement de l'eau et sa vente en fonction du pouvoir d'achat local, soit en vrac, soit dans des bonbonnes à la marque « Aquasure Eau Précieuse ».
« Nous avons prouvé sa fiabilité à Madagascar sur deux sites et menons actuellement d'autres pilotes au Sénégal avec La Croix-Rouge », explique Denis Chavanis. L'idée est de travailler avec les organisations non gouvernementales internationales ou locales, acteurs indispensables pour sensibiliser aux questions sanitaires sur le terrain. Ce sont elles qui devraient trouver les fonds pour financer les cuves, qui seront produites sur place. « A terme, les pastilles aussi seront fabriquées à proximité », anticipe l'entrepreneur.
Le projet a été initié, il y a trois ans, grâce à Philippe Desmarescaux, le PDG d'Eurotab. Cette PME stéphanoise, inventrice de la pastille de javel, est à l'origine du brevet de la pastille bicouche exploité par Aquasure. Philippe Desmarescaux a financé les travaux de recherche en collaboration avec la société SNF, spécialiste des produits de coagulation et floculation. Il a aussi amené la moitié des 859 000 euros du capital d'Aquasure. C'est lui qui a soumis son idée à l'expertise très critique de Jean-Pierre Veyrenche, hydrogéologue, qui a rejoint l'aventure pour développer le kit d'urgence Aquasure, testé au Mexique lors des derniers tremblements de terre. Aquasure travaille en effet avec le ministère français des Affaires étrangères et vient de présenter son système à l'Otan, les armées étant le troisième marché potentiel pour la start-up. Mais là également la route est longue pour convaincre. Pas de quoi enta- mer la motivation de Denis Chavanis, qui a fait d'une phrase de Mark Twain sa devise : « Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. »

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