APRÈS LA SÛRETÉ ET LES COÛTS... LA SÉCURITÉ
Par LUDOVIC DUPIN - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3265Ce n'est pas une première, mais l'intrusion de militants de Greenpeace dans une centrale nucléaire française a tout du coup d'éclat ! Huit mois après la catastrophe de Fukushima, neuf militants ont réussi, le 5 décembre, à pénétrer dans l'enceinte de la centrale de Nogent-sur-Seine (Aube), pour y déployer une banderole : « Le nucléaire sûr n'existe pas. » L'association écologiste s'effraie de la facilité avec laquelle ses activistes ont atteint leur objectif. EDF minimise. « Une fois que les personnes se sont introduites, elles ont été détectées et suivies, assure Dominique Minière, le directeur du parc nucléaire d'EDF. Dès lors qu'il s'agit de personnes aux intentions pacifiques, il faut intervenir dans le calme. » Il n'en reste pas moins que Greenpeace a mis en avant une de ses demandes récurrentes depuis l'accident de Fukushima. L'association exige que les stress tests prévus sur les réacteurs nucléaires prennent en compte la résistance aux facteurs humains : attentats, crashs, virus... Le message a fait mouche. Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, admet que l'action de Greenpeace « révèle des défaillances dans notre dispositif ». Le ministre de l'Industrie, Éric Besson, a lancé, lui, une enquête approfondie. La question de la sécurité des sites nucléaires se pose avec force depuis les attentats contre les tours du World Trade Center. Avant le 11 septembre 2001, les procédures sur le sabotage dataient de 1980... celles sur le vol de combustible de 1958. Depuis 2001, certains règlements sont encore en cours d'ajustement en France.











