Après la consultation, les arbitrages
Le 04 mars 2010 par Sylvie Andreau et Solène Davesne | L'Usine Nouvelle n° 3182Les temps forts de la politique économique de Nicolas Sarkozy passent par les usines. Jeudi 4 mars, c'est chez Eurocopter, à Marignane, qu'il devait dévoiler les mesures clôturant des états généraux qui ont ouvert un vaste débat sur le futur de l'industrie française.
Caligny, dans l'Orne, le 3 septembre 2009. Nicolas Sarkozy visite le tout nouveau centre de R et D de l'équipementier Faurecia et en profite pour annoncer le lancement « d'états généraux de l'industrie », avant la fin de l'année. Jeudi 4 mars, c'est sur le site Eurocopter de Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, que le chef de l'Etat doit conclure trois mois de débats (sous réserve d'un changement d'agenda de dernière minute !). Son discours est attendu depuis la fin des états généraux, début février, par des milliers d'industriels, partenaires sociaux et acteurs locaux. Leur mobilisation a débouché sur des dizaines de propositions. Certaines d'entre elles devaient être reprises jeudi par Nicolas Sarkozy pour muscler la politique industrielle du pays. Il avait promis le 16 février, au terme d'une réunion avec le comité national des états généraux, une série de mesures de soutien et de réorganisation de l'industrie française, financées en partie par le grand emprunt... « Des mesures budgétaires touchant plus particulièrement à l'innovation et à la croissance, et des mesures non budgétaires sur, notamment, la réorganisation des filières et sur les relations entre donneurs d'ordre et sous-traitants », a précisé le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi.
C'est désormais une habitude pour ce chef de l'Etat « qui aime les usines » de planter son pupitre dans un atelier pour annoncer une nouvelle initiative. En octobre 2008, il choisit le site du fabricant d'engins de BTP Mecalac, en Haute-Savoie, pour dévoiler son plan de soutien aux PME et une suppression de la taxe professionnelle sur les nouveaux investissements. Le mois suivant, il présente la création d'un « fonds souverain à la française » doté de 20 milliards d'euros, le FSI, au milieu des salariés du sous-traitant aéronautique Daher, à Montrichard (Loir-et-Cher). En 2009, alors que la situation se durcit encore pour l'industrie, le président poursuit sa stratégie de proximité et reprend les visites. C'est à l'usine PGA Electronic de Châteauroux, dans l'Indre, qu'il présente ses mesures de soutien à l'emploi. Il y aura aussi Plastic Omnium et le plan de soutien à la filière automobile, Poclain et l'intéressement des salariés, Ciat et la taxe carbone... Mais la visite présidentielle ne suit pas toujours le scénario prévu. A Sandouville, c'est une usine quasi vide que découvre le chef de l'Etat. Inquiets pour leur emploi, les ouvriers sont restés devant les grilles de ce site Renault de Seine-Maritime.
Attendu une seconde fois à Gandrange (après un premier passage en février 2008, au cours duquel il avait promis une reprise d'activité et une nouvelle visite), il préfère se rendre en octobre 2009 à quelques kilomètres de là, à l'usine Smart. Une semaine plus tard, il refait le déplacement en Moselle... mais choisit de s'arrêter à la mairie de Gandrange plutôt que sur le site ArcelorMittal. Autre rendez-vous manqué : celui de Kleber Toul. Nicolas Sarkozy refusera d'y aller malgré l'engagement pris auprès des salariés de Michelin, reçus à Paris.
UN PUBLIC ACQUIS D'AVANCE
Jeudi, à Marignane, devant près de 1 000 personnes, Nicolas Sarkozy devait se retrouver face à un public sans doute acquis d'avance. Mais, depuis qu'il a livré ses arbitrages sur les 35 milliards d'euros du grand emprunt, aucune grande annonce pour l'industrie n'a filtré de l'Elysée. Or, après un recul de la production industrielle de 12 % en 2009, les signes de reprise sont encore très fragiles. Salariés et chefs d'entreprises n'ont toujours pas retrouvé la confiance. Et ils attendent de Nicolas Sarkozy la preuve qu'il les a entendus.

dans la même rubrique
13/02/2012 La température du réacteur 2 grimpe encore à Fukushima13/02/2012 Gagner plus pour travailler mieux
13/02/2012 Les fissures de l’A380 pourraient coûter 100 millions à Airbus












