Après 20 ans d’existence, Eurotunnel n’a pas dit son dernier mot
Par Barbara Leblanc - Publié le
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Voilà 20 ans que le tunnel sous la Manche a vu le jour. « L’ouvrage le plus exceptionnel du XXe siècle », selon Jacques Gounon, le PDG d’Eurotunnel, l’opérateur du tunnel depuis sa création. Pour l’occasion, Eurotunnel son opérateur a célébré l’anniversaire en invitant les deux ouvriers français, Philippe Cozette, et britannique, Graham Robert Fagg, qui s’étaient serrés la main sous la mer en 1990, après cinq ans et demi de travaux. Depuis, environ 300 trains circulent chaque jour sur le trajet long de 50,5 km dont 35 km sous la mer. Le tout en 2h15 entre Paris et Londres.
Moins symbolique mais tout aussi important, le patron du groupe en a profité pour exposer les perspectives d’Eurotunnel pour les années à venir. Si l’activité n’est pas revenue au niveau de 2007, le patron de l’opérateur estime que celle du quatrième trimestre est meilleure que celle de 2009. Mais sur l’année 2010, le groupe devrait enregistrer une perte nette en 2010, en l’absence du versement des indemnités liées à l’incendie du tunnel en 2008.
Eurotunnel en cinq dates :
1986 : l’exploitation du tunnel sous la Manche et des ports terminaux de Folkestone, au Royaume-Uni, et de Coquelles, en France est accordée à Eurotunnel (traité de Cantorbéry)
1990 : première jonction entre les galeries creusées des deux côtés
1994 : inauguration du tunnel sous la Manche, malgré des retards dans la mise en service des trains et un trafic inférieur aux prévisions. Passage du 1er Eurostar en juin.
2008 : incendie provoquant la fermeture d’une section du tunnel pendant un an
2010 : 20 ans d’Eurotunnel
Concurrence
Et l’avenir devrait aller en s’améliorant, selon Jacques Gounon, du fait de l’ouverture attendue du tunnel à d’autres opérateurs comme la Deutsche Bahn, qui pourrait doper la rentabilité d’Eurotunnel. En effet, l’opérateur allemand entend transporter trois millions de passagers supplémentaires.
Par ailleurs, le groupe entend entamer des procédures en 2011 auprès de la Commission européenne contre les diverses aides publiques qui bénéficient aux ferries et qui freinent la rentabilité de l’opérateur du tunnel selon son patron. « Eurotunnel a vocation à dépasser son niveau historique de 40% de parts de marché sur le trafic transmanche si les conditions de concurrence avec les ferries deviennent équitables », a assuré Jacques Gounon. Eurotunnel devrait aussi bénéficier des Jeux olympiques de Londres en 2012.
Plus globalement, le patron du groupe arrivé en mars 2007 veut poursuivre le développement de l’activité fret, faisant suite au rachat de la branche française de Veolia Cargo et de GB Railfreight. Mais cette activité devrait demeurer inférieure à 20% du chiffre d’affaires, le groupe misant aussi sur des acquisitions.
Histoire mouvementée
Ces développements pourraient faire partiellement oublier les péripéties qu’a connues le groupe au cours des 20 dernières années. Son action a connu de nombreuses perturbations, notamment en 1987, du fait des prévisions initiales extravagantes et d’une dette astronomique liée à l’explosion du coût de l’infrastructure estimée à 15 milliards d’euros. Au final, quinze ans plus tard, des centaines de milliers de petits actionnaires avaient perdu la quasi-totalité de leur mise. Une situation qui a obligé les dirigeants d’Eurotunnel de restructurer financièrement l’entreprise en 2006, permettant une réduction de plus de la moitié de la dette évaluée désormais à 4,24 milliards d’euros.

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