Un employeur peut désormais envoyer un apprenti dans une autre entreprise. Un décret intéressant pour les sous-traitants.
« Les groupes de l'aéronautique sont dans les starting-blocks pour démarrer dès la rentrée, note Florence Buisson-Vincent, la directrice juridique emploi-formation à l'UIMM. Toutes les entreprises de la métallurgie sont intéressées. » Un décret du 2 mai autorise un apprenti à réaliser une partie de son contrat dans une autre entreprise que celle qui l'emploie. Un maître d'apprentissage doit être désigné dans chaque lieu et une convention signée entre l'employeur, l'entreprise d'accueil, et le jeune. Le décret limite à deux le nombre d'entreprises, et à la moitié du temps passé en entreprise la durée de cet accueil extérieur. Un jeune en BTS passerait ainsi une année chez son employeur principal, puis une seconde dans une autre entreprise.
Une source de richesse
« Les grandes entreprises de l'aéronautique et de l'automobile réclamaient une plus grande souplesse pour faire face aux besoins de recrutement de leurs PME sous-traitantes, poursuit la représentante de l'UIMM. Les grandes n'ont pas de difficulté à attirer les jeunes, mais ne peuvent pas tous les embaucher. Les sous-traitants ont plus de mal à trouver leurs apprentis et ont besoin de recruter. C'est un excellent moyen de développer la coopération dans la filière. »
La disposition va lever un obstacle au développement de l'alternance : la durée de certains contrats d'apprentissage. Les trois années du bac pro en alternance rebutent les PME. Un lycéen apprenti pourra alors passer deux ans chez un employeur, puis un dans une entreprise d'accueil. « Trois ans, c'est long aussi pour l'apprenti », note Denis Jorel, le président de la Fnadir, la fédération des centres de formation des apprentis (CFA). « Changer d'employeur permettra au jeune de se frotter à des situations différentes, c'est une source de richesse. » Mais il s'inquiète de la complexité accrue de la mise en oeuvre du projet pédagogique. « Il faut une adéquation entre le référentiel de la formation et le poste de travail, entre la formation reçue en CFA et celle de l'entreprise. Y veiller avec plusieurs entreprises va être compliqué. »
Tous comptent sur le bon sens général pour que les contrats d'apprentissage plus courts ne soient pas cisaillés entre trois employeurs. Un autre décret, d'avril, permet pourtant aux apprentis de signer un contrat avec une entreprise de travail temporaire et de faire leur formation pratique dans plusieurs entreprises, pour des durées inférieures à six mois.









