Année 2009 en demi-teinte pour Goodyear et Bridgestone
Par Barbara Leblanc - Publié le
Après le français Michelin, dont le bénéfice net a chuté de 70%, c’était au tour de Goodyear et Bridgestone de dévoiler leurs résultats pour l’année 2009. Un bilan mitigé pour les deux fabricants de pneumatiques.
Chez le fabricant américain de pneumatiques Goodyear, les pertes nettes atteignent 375 millions de dollars (contre 77 millions en 2008). Le groupe a souffert d’une baisse de 9,5% des ventes de pneus en volume, principalement imputable à la baisse de la demande dans l’industrie en Amérique du Nord et en Europe. Son chiffre d’affaires recule de 16,35% sur l’année à 16,301 milliards de dollars, soit 19,5 millards de dollars de mois qu’en 2008.
Reste que le dernier trimestre a marqué un redémarrage pour le groupe. Son chiffre d’affaires s’élève à 4,4 milliards de dollars sur ces trois mois, dopé par la demande forte dans les pays émergents. Sur ces trois mois, le groupe avait dégagé un bénéfice de 107 millions de dollars (contre 330 millions de pertes un an plus tôt, en pleine crise automobile).
Le PDG Robert Keegan explique que ces bénéfices sont dus à la baisse de matières premières et aux mesures d’économies mises en place dans le groupe. Goordyear a atteint les quatre points de son plan de réduction de coûts lancé en 2009, lui permettant de totaliser 2,5 milliards de dollars entre 2006 et 2009. Il a par exemple réduit ses effectifs mondiaux d’environ 5 700 postes (contre 5 000 prévus initialement).
Le groupe a lancé 62 nouveaux produits au cours de l’année. Une tendance qu’il entend poursuivre. Pour l’avenir, le groupe reste confiant, « même si de nombreuses difficultés persisteront, notamment une demande faible pour les pneus de camions commerciaux », commente le PDG.
Perte évitée pour Bridgestone
Du côté de son homologue japonais, Bridgestone, la crainte d’une perte nette s’est éloignée. Sur l’année, le groupe a enregistré un gain net de huit millions d’euros (environ 10 millions de dollars). Reste que ce chiffre affiche une baisse de 90% par rapport à 2008. Son chiffre d’affaires a reculé de 19,7% par rapport à celui de 2008 à 19,5 milliards d’euros (26 milliards de dollars environ). Son bénéfice d’exploitation a marqué le pas de 42,4% à 569 millions d’euros (768 millions de dollars).
Le groupe explique avoir évité une année trop noire par l’efficacité de la réduction de ses frais de fonctionnement et la réorientation entreprise par la groupe vers des pneus techniquement plus en pointe et donc moins concurrencés. Une stratégie qui lui a permis de compenser le manque à gagner que la crise a entraîné.
Pour l’avenir, le groupe reste optimiste, comptant sur un rebond de 9% de son chiffre d’affaires à 22 milliards d’euros environ. Le groupe table sur un redémarrage du marché de l’automobile au cours de l’année 2010. Il a relevé ses prévisions le 12 février 2010. Un optimisme qui semble aller à l’encontre de la frilosité de son concurrent français Michelin. Ce dernier a déclaré qu’il craignait la hausse de prix des matières premières et le manque de visibilité en 2010.

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