Anne Lauvergeon demande une expertise sur le rapport d’Apic
Par Barbara Leblanc - Publié le
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UraMin, l’épine dans le pied d’Anne Lauvergeon Anne Lauvergeon se dit victime d’un complot Luc Oursel répond à Anne Lauvergeon : "il n’y a aucun complot !"Dans le cadre de l’affaire judiciaire qui l’oppose au groupe qu’elle a dirigé pendant dix ans, Anne Lauvergeon veut obtenir des éclaircissements sur les conditions dans lesquelles le groupe nucléaire a commandé en 2010 un rapport sur son rachat controversé d’UraMin.
La juge des référés devra trancher le 29 février prochain. Martine Provost-Lopin devra dire si elle charge ou non un expert pour travailler sur le rapport de la société de conseil Apic, qui indiquait que l’offre publique d’achat de 2007 sur UraMin était une escroquerie.
Ce rapport est au cœur du conflit entre Areva et son ancienne patronne Anne Lauvergeon. Il aurait été à l’origine d’une enquête privée menée en mars 2011 par la société suisse Alp Services. Elle a été commanditée par un cadre dirigeant d’Areva et visait à déterminer si plusieurs personnes, dont l’époux d’Anne Lauvergeon Olivier Fric avaient bénéficié de manière illégitime de ce rachat.
Une enquête préliminaire a alors été ouverte sur les investigations menées par Alp Services, à la suite du dépôt de plainte pour espionnage par Anne Lauvergeon et son époux. "Comme tout ce qui a été fait de manière totalement illégale avec Alp Services se justifie soi-disant par le rapport Apic, il est très intéressant de savoir comment on a pu arriver à ce rapport", souligne Anne Lauvergeon.
Pour son avocat, Me Alexandre Merveille, le rapport Apic met en cause la personne, l’intégrité et les compétences d’Anne Lauvergeon. Via cette expertise, l’ex-patronne pourrait mener une action en dommages et intérêts contre Areva pour avoir missionné fautivement Apic, et contre Apic pour avoir produit un rapport indigent lui portant atteinte, assure son avocat.
"On abuse de la patience du tribunal", a rétorqué l'avocat d'Areva, Me Jean Reinhart, en assurant que le nom de Mme Lauvergeon n'apparaissait que deux fois dans le rapport Apic. Le conseil de la société Apic, le cabinet de Murielle Cahen, s'est refusé à tout commentaire devant la juge, invoquant "une clause de confidentialité" passée avec le groupe nucléaire.
Cette annonce intervient quelques heures avant qu’Anne Lauvergeon n’ait à nouveau rendez vous avec le monde judiciaire pour l’examen d’une seconde action en référé devant le tribunal de commerce. Elle a en effet assigné le groupe Areva pour obtenir le versement de 1,5 millions d’euros d’indemnités de départ.

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