Amour et désamour de l'automobile
Par Barbara Leblanc - Publié leUnion versus divorce
Dans l’industrie automobile, les mariages et les divorces vont bon train. Effet de la crise ou plus largement remise en cause structurelle du marché, les constructeurs, équipementiers ou autres acteurs du secteur se déchirent ou se rapprochent. Cette semaine on a beaucoup évoqué une possible fusion entre Fiat et Chrysler, qui sont déjà liés, mais qui se verraient bien encore plus proches. De même Volkswagen rêve lui aussi d’un nouvel empire, celui des camions. Ses deux marques phares Scania et Man pourraient donc faire un mariage pour permettre au géant européen de l’automobile d’atteindre son objectif d’être leader du marché mondial d’ici à quelques années. (Ce dernier a d’ailleurs annoncé vouloir investir 51,6 milliards d’euros sur cinq ans pour passer devant Toyota). Une autre manière de se rapprocher peut être l’autopartage actuellement. C’est ce qu’a fait Citroën avec le groupe Carbox dans le domaine du véhicule électrique.
Du côté des couples qui vont mal, Bolloré et Pininfarina ont acté leur séparation, assurant que cela ne change rien aux projets en cours concernant Autolib. En Chine, le patron de Geely a reconnu que la situation était difficile avec Volvo. Il faut dire que les dernières études dans le pays montrent que tout n’est pas aussi rose que prévu. Les analystes parient sur une consolidation importante sur le marché chinois pour éliminer les surcapacités en cours. Dans Automotive News China, un rédacteur tient même une tribune annonçant que le marché chinois ne devrait pas exploser comme prévu. Plus globalement, ces mouvements de rapprochements et de séparations risquent de se multiplier dans les années à venir. Même en France, à en croire les acteurs du monde automobile réunis lors du 9ème congrès automobile.
Les évènements de la semaine
Ce fut un des évènements de la semaine. Constructeurs, équipementiers de rang 1 et 2 et analystes étaient tous réunis à Paris pour réfléchir à l’avenir de l’automobile en France. L’occasion pour les sous-traitants de tirer la sonnette d’alarme et de rappeler qu’ils ont besoin de changement dans les relations avec les donneurs d’ordre.
L’occasion aussi pour le patron de Bosch France, Guy Maugis, de donner une petite leçon pour tenter d’améliorer la compétitivité du secteur automobile en France par rapport à celle de l’Allemagne.
Au même moment aux Etats-Unis se déroulait l’un des évènements de l’année à la Bourse de Wall Street : le retour de General Motors sur les marchés financiers. Un retour triomphal, après des mois de débâcle et de travail pour surmonter la crise. Un retour salué par le président américain Barack Obama, qui tente de sauver la face après sa déroute aux élections de mi-mandat, avec la preuve que son plan automobile n’a pas complètement échoué. Au deuxième jour de cotation, l’action du constructeur américain avait déjà bondi de 7%. Reste à voir comment tout cela va tenir dans les semaines à venir…
En tout cas, pour d’autres constructeurs, ce coup de GM vaut exemple pour son homologue Chrysler, qui aurait bien envie de retourner sur le marché en 2011. Mais rien n’est moins sûr.
En France, ce sont les constructeurs nationaux qui ont été sous les feux de l’actualité, surtout dans le domaine du social. A commencer par le groupe PSA Peugeot Citroën, qui a annoncé que le site d’Aulnay allait se séparer de 280 salariés. Chez Renault, l’ambiance n’est pas meilleure car l’inquiétude est forte sur le site de Sandouville qui pourrait encore connaître de nombreuses périodes de chômage technique. Un manque de responsabilité de la part des autorités et de la direction selon la CGT.
News électriques
En matière de sites, le groupe Renault a aussi été dans l’actualité quant au site de Cléon, qui pourrait être le prochain site de fabrication des moteurs de voitures électriques. Il faut dire que dans le domaine, le constructeur est toujours aussi ambitieux avec un objectif d’être rentable dans les trois ans à venir. Une ambition que ne partagent pas tous les constructeurs toujours aussi divisés en la matière. Toyota se voit bien en champion du monde des véhicules propres, ce qui lui permettra peut-être d’atteindre la hausse des ventes qu’il anticipe sur le marché américain. Mais aux Etats-Unis Chevrolet y va de ses investissements en masse, après avoir reçu le prix de voiture de l’année écologique pour la Volt. De son côté Ford, qui par ailleurs a annoncé vouloir sortir du capital de Mazda, a enfin choisi les 19 villes où seront distribuées les Focus électriques en 2011.

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