Imprimer l'article Envoyer l'article

AMD creuse ses pertes et change de directeur général

18/07/2008
Septième trimestre consécutif dans le rouge pour le numéro deux mondial des microprocesseurs, en butte avec une acquisition qu'il n'arrive pas à rentabiliser et un cours de Bourse qui s'effondre.
AMD creuse ses pertes et change de directeur général Le fabricant de microprocesseurs annonce le départ de son CEO Hector Ruiz, sur fond de nouvelles pertes financières. Hector Ruiz, qui était en poste depuis 2000, restera dans l'entreprise au poste de président exécutif du conseil d'administration. Dirk Meyer, actuel directeur opérationnel, a été élu par le conseil d'administration pour prendre les rênes de la société, qui a publié une perte nette de 1,18 milliard de dollars au deuxième trimestre. C'est le septième trimestre consécutif dans le rouge pour la firme américaine.

Pertes accumulées. Le chiffre d'affaires d'AMD s'affiche en hausse de 3 % sur an au deuxième trimestre à 1,35 milliard de dollars, mais ces résultats son en dessous des prévisions du marché et ses pertes ont plus que doublé par rapport à la même période en 2007 (600 millions de dollars). Elles s'expliquent en partie par une dépréciation exceptionnelle de 876 millions de dollars sur les activités de composants pour appareils mobiles et télévision numérique (issues du rachat d'ATI). Hors exceptionnels, le résultat ressort à - 269 millions de dollars.

Des résultats financiers jugés « décevants » par l'entreprise qui, soulignant dans un communiqué les « conditions macroéconomiques difficiles », a annoncé son intention de se concentrer sur la rentabilité opérationnelle au second semestre, « grâce à la sortie continue de nouveaux produits, à des gains de parts de marché et à des mesures destinées à abaisser notre seuil de résultats à l'équilibre ».

Parts de marché. Après un premier trimestre 2007 difficile, AMD regagne depuis des parts de marché face à son concurrent Intel. De 25,3 % au dernier trimestre 2006 selon le cabinet d'études spécialisé Mercury Research, la société était tombée à 18,7 % au premier trimestre 2007, puis remontée à 23,3 % au troisième trimestre. Selon iSuppli, AMD a continué à gagner du terrain au premier trimestre 2008.

Depuis le début de l'année, AMD a notamment lancé une plate-forme pour ordinateurs portables dont les résultats sont encourageants. Mais il lutte toujours pour rentabiliser l'acquisition de ATI, fabricant de puces et de cartes graphiques racheté 5,6 milliards de dollars en 2006. Suite aux dépréciations d'actifs successives opérées par AMD, la valeur d'ATI serait aujourd'hui inférieure de 44 % à celle établie au moment du rachat.

Tempête sociale et boursière. Ces difficultés ont conduit l'entreprise à prévoir une réduction de 10 % du nombre de ses salariés d'ici au mois de septembre, soit 1 600 suppressions de postes. Elles se ressentent également dans le cours de son action, qui a touché un plus bas depuis 2002 mardi 15 juillet en clôture, à 4,72 dollars. Depuis un an, le titre a cédé près de 70 % de sa valeur à Wall Street.

Dans le même temps, Intel a publié des résultats supérieurs aux attentes des analystes au deuxième trimestre. Son bénéfice net a progressé de 25 % à 1,6 milliard de dollars, et son chiffre d'affaires de 9 % à 9,5 milliards de dollars.

Intel, concurrent déloyal d'AMD

Le numéro un mondial des microprocesseurs n'a pas usé que de pratiques légales contre AMD. Les charges retenues contre lui par Bruxelles, relatives à des comportements d'abus de position dominante, viennent d'ailleurs de s'alourdir de trois chefs d'accusation.

La Commission européenne a indiqué jeudi 17 juillet qu'elle soupçonnait Intel d'avoir accordé des rabais importants à un gros distributeur européen de PC pour l'inciter à vendre prioritairement ses produits ; d'avoir payé un fabricant de PC pour retarder la mise sur le marché de produits équipés de puces AMD ; et d'avoir offert à ce même fabricant des ristournes à condition d'équiper tous ses ordinateurs avec des microprocesseurs Intel. Si ces soupçons étaient confirmés à l'issue de la procédure, Bruxelles pourrait infliger une amende de 2,6 milliards d'euros à Intel.

Un baroud d'honneur pour le désormais ex-PDG d'AMD, Hector Ruiz, qui a œuvré auprès des autorités de la concurrence pour dénoncer les pratiques de son concurrent.


Raphaële Karayan

conjoncture
tresorerie