Jean-Michel Léonard, PDG d’EADS-Sogerma
© DR
Ce 4 juillet dans la matinée, Jean-Michel Leonard, PDG d’EADS-Sogerma, qui emploie 2 200 personnes, avec un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros en 2010, est venu à la rencontre des 150 salariés du site de Mérignac en Gironde, dédié à la fabrication de voilures d’ATR 72 et ATR 42 que détient le groupe, pour leur présenter les contours d’un plan appelé « Ambition 2015 ».
En fin de matinée, il réitérait l’exercice lors d’une conférence de presse, expliquant que ce plan stratégique était « une vision à terme pour se préparer aux enjeux de demain ». Ils sont clairs : « Notre vocation, c’est de quitter le groupe
EADS. Les métiers de conception et fabrication de pièces d’aérostructure pour
Airbus et ATR, et de sièges pilote et fauteuils d’avions, ne font pas partie du cœur de métier d’EADS », a-t-il indiqué.
Sans compter que le fait d’être dans le giron de ce grand groupe le pénalise : « Cela nous freine. Nos carnets de commandes ne sont pas assez diversifiés ». Du coup, il faut mettre plein gaz sur la croissance et ne pas se priver d’ambition en confortant en parallèle les deux activités d’EADS Sogerma. « Elles n’ont pas le même business modèle, mais elles se renforcent l’une et l’autre », explique Jean-Michel Leonard.
L’aérostructure ? Une rentabilité faible, des investissements lourds mais par contre une visibilité sur le long terme. L’activité sièges et fauteuils ? Une bonne rentabilité, des investissements faibles mais une visibilité sur le court terme. Le plan « Ambition 2015 » devrait donc permettre de passer à la vitesse supérieure. Il s’articule autour de quatre axes : la continuation de l’excellence, l’innovation que ce soit dans les process, notamment dans les technologies d’assemblage, mais aussi dans les modes de management, dans la façon de travailler avec les fournisseurs.
Troisième axe : l’ouverture au monde. Pas question de se limiter aux donneurs d’ordres d’à côté. « Il faut trouver des clients dans le monde entier », indique Jean Michel Leonard. Pas simple ! EADS-Sogerma est filiale à 100 % du groupe EADS. Sur la globalité de son activité, 50 % sont des clients du groupe EADS. 40 % sont des compagnies aériennes en direct.
Enfin, dernier pilier : travailler ensemble en ayant cette conscience d’appartenir à un vrai groupe. De fait, la maison-mère Sogerma dispose de trois sites : celui de Rochefort, spécialisé dans les fauteuils pour les compagnies aériennes ; le site de Mérignac et un bureau d’études à Toulouse.
Viennent ensuite quatre filiales, dont Composites
Aquitaine, implantée à Salaunes en Gironde, qui a remporté en décembre 2010 un gros contrat d’industrialisation et de fabrication de pièces composites pour l’A 350 XWB. Du coup 20 millions d’euros vont être investis dans cette usine qui s’apprête à embaucher 48 personnes en plus des 385 salariés actuels. Exit le temps pas si lointain où EADS essayait vainement de se délester de Composites Aquitaine.
Autre filiale, pas en grande forme, Composites Atlantique, à Lunenburg au Canada, qui fabrique aussi des pièces composites avec 350 salariés. « La situation est difficile », avoue Jean-Michel Leonard, qui va s’attacher pendant deux ans à « rationaliser » et « faire un travail de fond en terme de gestion d’entreprise ». De son côté, Maroc Aviation, installé à Casablanca, réalise des pièces pour le compte des sociétés du groupe à des coûts ultra compétitifs.
Seca, la quatrième filiale, tournée vers la maintenance, à Gonesse, va sortir du périmètre très prochainement, en étant transférée à
Eurocopter. D’ici quelques semaines, les salariés d’EADS-Sogerma devraient en savoir plus sur la première vague de projets du plan « Ambition 2015 » pour lequel Jean-Michel Leonard n’avance pas de chiffre global d’investissements. Seule certitude : depuis 2005, EADS-Sogerma a opéré un vrai redressement. Aujourd’hui, la situation est « raisonnablement bonne », lâche-t-il.
La fiche EADS Sogerma à Mérignac
avec
TOUT SAVOIR SUR...
Ses investissements, ses actualités, ses dirigeants, sa production...
Voir la fiche