Alstom vend ses turbines Arabelle à la Russie
Par Manuel Moragues - Publié le
Le français signe son premier succès dans le nucléaire russe. De bon augure alors que la Russie veut tripler la part de l'atome dans son mix énergétique.
Alstom et son partenaire russe Rosatom vont fournir l'îlot conventionnel (non nucléaire) de deux unités de la future centrale nucléaire russe Baltic, dans l'enclave de Kaliningrad. Annoncé jeudi 2 février, ce contrat d'environ 875 millions d'euros est une double première.
C'est, selon Rosatom, le premier projet de centrale nucléaire russe à impliquer un acteur étranger. C'est aussi le premier succès de la co-entreprise franco-russe Alstom-Atomenergomash (AAEM), créée en 2007 pour fournir des îlots conventionnels basés sur la technologie de turbine Arabelle d'Alstom aux réacteurs russes.
Si les partenaires ne restreignaient pas leurs ambitions à la Russie, c'est bien avant tout le marché russe qui était visé. Rosatom avait engagé un grand programme de modernisation du parc nucléaire russe mais la crise financière de 2008 avait interrompu ces projets. "La centrale Baltic marque le redémarrage de la modernisation du parc russe. La Russie veut tripler la part du nucléaire dans son mix énergétique", se réjouit-on chez Alstom.
Comme dans le transport ferroviaire, où Alstom a remporté près de 3,5 milliards d'euros en Russie avec son partenaire local TMH, l'accord avec Rosatom prévoit de transférer progressivement la fabrication des équipements en Russie. Selon le français, le site de Belfort reste cependant en charge de l'ingénierie et de la gestion du projet. Les deux turbines Arabelle et les générateurs associés y seront fabriqués.
De quoi occuper une centaine de personnes pendant quatre ans. La part du contrat revenant à Alstom s'élève à environ 380 millions d'euros.

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