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Alstom livre sa première turbine à gaz 100% américaine

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Usine Alstom Chattanooga
© Alstom

Le monstre de 240 tonnes est sorti de l’usine de Chattanooga (Tennessee) il y a trois jours. Le groupe français entend bien profiter de l’essor des centrales à gaz en Amérique du Nord.

Destination Mexique. La barge qui a emporté le 8 mai la turbine à gaz de 240 tonnes descendra le fleuve Tennessee jusqu’à La Nouvelle-Orléans. Suivra une traversée du Golfe du Mexique jusqu’à la centrale électrique d’El Sauz, à Querétaro (centre-nord du Mexique). Pour Alstom, il s’agit d’un doublé : Non seulement, c’est la première turbine à gaz fabriquée de A à Z dans sa toute récente usine de Chattanooga, mais c’est aussi la première réalisée à 100% aux Etats-Unis.

Une localisation de la production qui prend toute son importance alors que les centrales à gaz se multiplient aux Etats-Unis, à la faveur de la chute des prix du gaz américain entraîné par l’exploitation des gaz de schiste. Si Alstom a mis du temps à développer sa turbine de dernière génération dédiée au marché nord-américain (GT24), le français entend revenir sur le devant de la scène. "Des concurrents nous disaient morts dans le gaz. Ils se sont trompés", a ainsi revendiqué Patrick Kron, le PDG d’Alstom, lors de la présentation des résultats du groupe, le 4 mai. "Cette première turbine à gaz envoie un signal fort au marché sur les capacités d’Alstom aux Etats-Unis", renchérit dans un communiqué Lawrence Quinn, le patron de l’usine de Chattanooga.

Usine flexible

C’est aussi la démonstration de la flexibilité de l’usine, "le plus important investissement industriel d’Alstom depuis des décennies", comme l’affirmait en juin 2010 le numéro deux d’Alstom Power, Guy Chardon, lors de l’inauguration de cette implantation à 200 millions d’euros. Cet investissement avait été décidé fin 2007 alors que le nucléaire américain semblait promis à une renaissance. Mission du site de Chattanooga : produire les gigantesques et lucratives turbines Arabelle dimensionnées pour le nucléaire.

Las ! La crise de 2008-2009 puis l’afflux de gaz de schiste bon marché ont repoussé aux calendes grecques la construction de nouvelles centrales nucléaires. Chattanooga s’était ainsi rabattu sur les opérations plus modestes de modernisation des installations existantes. Tout en guettant la reprise du marché américain de la génération de l’électricité. "Si c’est le gaz qui repart le premier, Chattanooga se consacrera aux turbines à gaz", avait déclaré en juin 2010 Philippe Joubert, alors président d’Alstom Power. Deux ans et 240 tonnes d’acier plus tard, c’est chose faite.

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