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Alstom installe à Massy un centre mondial du pilotage des centrales

Par Ana Lutzky - Publié le

  Alstom inaugurait ce jeudi à Massy un contrôle commande de bâtiment tertiaire, capable de piloter l'électricité provenant de mini-éoliennes, de panneaux solaires et du réseau.

L’objectif d’Alstom : pouvoir proposer aux exploitants de centrales de production électrique un contrôle-commande adaptable à toute la palette du mix énergétique de demain. Eolien, photovoltaïque, géothermie, centrale à gaz, au fioul : tout est permis. Le contrôle-commande, c’est-à-dire le cerveau du système permettant de contrôler et de commander tous les mécanismes de la centrale, fait pour Alstom figure d’organe stratégique, dans la bataille des réseaux intelligents qui s’annonce.
 
Le moyen : un logiciel caméléon en partenariat avec Microsoft
 
Lancée en mai 2009, ALSPA Series 6, la plate-forme de contrôle-commande d’Alstom Power, regroupe toutes les applications logicielles et niveaux de contrôle nécessaires aux centrales électriques modernes (y compris les fonctionnalités d’exploitation, de gestion, de

Un pilote stratégique

Cerveau du système de production énergétique, le contrôle-commande régule via des ordinateurs la quantité de gaz, de charbon ou d’eau injectés dans les turbines à chaque milliseconde. Domaine roi du logiciel embarqué et de l’électronique, il permet la flexibilité d’une centrale et son optimisation. Alstom Power y investit de manière stratégique.
Marché mondial : 6 milliards d'euros
maintenance, d’automatisation et de sécurité). Cette même architecture de système a été déployée avec succès sur des centrales thermiques (charbon et gaz), hydroélectriques (de grande et de petite taille), éoliennes (offshore et on-shore) et solaires (thermiques et photovoltaïques).  Cet ensemble de solutions et de nouveaux systèmes de contrôle avancés d’énergie est développé en partenariat avec Microsoft (basé sur son architecture SERA).

Le site : un bâtiment test à Massy

L’intégration au réseau d’énergies intermittentes ne va pas sans des modifications profondes des automatismes. « Près de 15% de la demande d’électricité mondiale, pourraient varier brusquement dans des périodes de quelques minutes d’ici 2030. Il est donc indispensable de pouvoir piloter en temps réel tout le système de génération d’électricité : qu’il s’agisse de centrales au charbon, nucléaire, hydraulique, géothermique, éolienne ou photovoltaïque », indique le groupe .

Il a dès lors mis sur pied dans son propre bâtiment massycois un démonstrateur piloté par son propre logiciel de contrôle-commande pour coordonner les sources d’énergie distribuée au sein du bâtiment, en intégrant les ressources fournies par 3 mini-éoliennes d’1 kW chacune, 30 m² de panneaux solaires photovoltaïques sur le toit du bâtiment, et un générateur diesel de secours de 900 kWc.

Un principe de living lab cher à Laurent Schmitt, vice-président pour la stratégie de l’innovation d’Alstom Poewer EMB : s’appliquer à soi-même les concepts que l’on invente.

Des centrales électriques aux éco-quartiers

Au cours de la prochaine décennie, de plus en plus de bâtiments tertiaires dans les zones urbaines seront équipés de leur centre de production électrique « verte » (éolienne, panneaux photovoltaïques, unités de stockage d’électricité, géothermie, etc.) de quelques MW. Ces bâtiments seront amenés à produire leur propre énergie et seront considérés comme des mini-centrales qu’il faudra intégrer dans le réseau électrique : on voit ainsi émerger le concept de « centrale virtuelle ».  Des « éco-quartiers » regroupent la production de plusieurs bâtiments (2MW par bâtiment par exemple), et concentrent ainsi une production électrique équivalente à celle d’une centrale électrique « classique », de 20 MW et peut-être davantage.

Alstom a d’ores et déjà commencé à travailler à cette prochaine étape, et collabore actuellement avec le groupe Bouygues afin de soumettre des projets pilotes pour plusieurs villes en Europe et aux USA. Amsterdam, Bordeaux, Glasgow, Londres ou Versailles sont à l’étude. Avec son effectif de 335 ingénieurs en grande majorité, le site de Massy, qui accueille également le nouveau siège de l’activité Energy Management Business (EMB) d’Alstom et son Centre d’excellence en automatismes et contrôle, s'y attèle.
 

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