Selon la presse locale, un député du Parti de la lutte démocrate est soupçonné d'avoir reçu 244 000 euros de la part d'Alstom en vue de l'obtention, en 2004, d'un contrat portant sur la construction d'une centrale à charbon.
Les bureaux du groupe industriel français Alstom en Indonésie ont été perquisitionnés dans le cadre d'une enquête pour corruption présumée impliquant un influent député indonésien, a indiqué mardi à l'AFP la Commission anticorruption (KPK).
"Nous avons perquisitionné les bureaux d'Alstom à Jakarta et à Surabaya (est de l'Indonésie, ndlr) la semaine dernière", a indiqué Bambang Widjojanto, vice-président de la KPK, chargée d'enquêter et de juger les affaires de corruption en Indonésie.
"Nous ne savons pas encore si nous allons inculper Alstom car cela dépend des résultats des investigations", a-t-il ajouté sans plus de précisions, expliquant simplement que les fouilles avaient eu lieu dans le cadre de l'enquête sur le député Emir Moeis, "soupçonné d'avoir reçu des pots-de-vin de la part d'Alstom".
Selon la presse locale, Izedrik Emir Moeis, député du Parti de la lutte démocrate est soupçonné d'avoir reçu 300 000 dollars (244 000 euros) de la part d'Alstom en vue de l'obtention, en 2004, d'un contrat de 212 millions de dollars (173 millions d'euros) portant sur la construction d'une centrale à charbon dans la province de Lampung, sur l'île de Sumatra (nord-ouest).
Une invitation présumée au Lido qui fait désordre
Interrogé par l'AFP, Alstom Indonésie a confirmé avoir été "informé d'une enquête en cours relative à un projet survenu par le passé". "Alstom n'est pas en mesure de faire de plus amples commentaires à ce stade", a ajouté une porte-parole de la filiale indonésienne.
Le député, à l'époque des faits président d'une commission parlementaire sur le budget, est également soupçonné, selon les médias locaux, d'avoir été invité aux frais d'Alstom à Paris et notamment au cabaret Lido, célèbre établissement des Champs-Elysées aux danseuses légèrement vêtues.
La révélation de cette visite dans un cabaret de nuit, tandis que l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé de la planète, est en plein mois saint du ramadan, fait les choux gras de la presse locale.
M. Emir, à la tête d'une commission parlementaire chargée de superviser les affaires bancaires et financières, a reconnu avoir passé une soirée au Lido, qu'il a qualifié de "restaurant", en compagnie d'un responsable d'Alstom, dont il n'a pas révélé l'identité. Mais il a assuré qu'il avait payé son voyage depuis l'Indonésie ainsi que ses frais de logement à Paris.
"A Paris, j'ai été invité à manger au restaurant Le Lido. C'est le restaurant le plus connu sur les Champs-Elysées. Tous les touristes y vont. Il y avait un spectacle après le dîner mais cela n'avait rien d'un spectacle pour adultes", a-t-il déclaré dans la presse locale.
Selon le site d'informations Kompas, l'enquête menée par le KPK fait état de pots-de-vins ayant servi à "des spectacles pour hommes".
"C'est un mensonge", a répondu M. Emir. "Je n'ai pas reçu un seul centime d'Alstom", a-t-il affirmé dans la presse locale.









