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"Alstom exécute des commandes françaises dans des pays à bas coûts", dénonce Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT

Manuel Moragues , , ,

Publié le

Entretien "La seule phrase qu'on attend de la direction, c'est "On ne fermera pas Belfort" !" Présent au rassemblement des salariés d'Alstom qui s'est tenu ce mardi 27 septembre devant le siège du groupe, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a donné le ton à la mobilisation des plusieurs centaines de personnes venues défendre l'avenir du site belfortain. Interrogé par L'Usine Nouvelle tandis qu'une délégation syndicale était reçue par la direction d'Alstom France, le dirigeant syndical dénonce le dumping social auquel participe, selon lui, la commande publique.

Alstom exécute des commandes françaises dans des pays à bas coûts, dénonce Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT
philippe Martinez secretaire general de la CGT syndicat travailleurs relations sociales
© Guittet Pascal

L'Usine Nouvelle - Ce matin, Pierre Gattaz a mis en garde le gouvernement face à la tentation de passer des commandes "artificielles" à Belfort. Seriez-vous d'accord avec lui ?

Philippe Martinez - Je n'ai pas l'habitude d'être d'accord avec monsieur Gattaz. Ce qui est important, ce dont il y a besoin, c'est d'avoir une vraie réflexion de fond sur la filière ferroviaire française. Il faut mettre ensemble ceux qui construisent les trains et ceux qui les font rouler. Et celà pour pérenniser non seulement Belfort mais aussi tous les autres sites d'Alstom, dont bon nombre sont en difficulté. Au lieu de ça, on a préféré casser le système ferroviaire français et organiser le dumping social.

Quel est ce dumping social que vous dénoncez ?

Aujourd'hui, Alstom exécute des commandes françaises dans des pays à bas coûts, où les salaires sont très bas, où les salariés travaillent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Regardez l'usine Alstom de Katowice, en Pologne ! Elle récupère du travail jusqu'ici confié à Reichsoffen. Il est scandaleux que la commande publique fasse travailler des salariés dans ces conditions. Les appels d'offres publics devraient comporter une charte sociale, compatible avec le droit européen. Il faut mettre fin au dumping social sur la commande publique.

Qu'est-ce que le gouvernement peut réellement faire face aux difficultés des sites d'Alstom en France ?

Repenser le système ferroviaire français, c'est d'abord penser la place du train. Il me semble que la France est le pays qui a organisé la COP21, non ? Le train est un mode de transport qui n'émet pas de CO2 mais regardez le niveau historiquement bas du fret en France ! Regardez comment on a fait évoluer l'équilibre du transport du rail vers la route, comment on ferme des gares partout, réduisant de fait la fréquentation des trains… Si on inverse ces mouvements, c'est autant de commandes de locomotives et de trains pour les usines.

Il reste le problème financier : le système ferroviaire est plombé par sa dette…

Il faut que l'Etat assume ses responsabilités. La SNCF est une entreprise publique, l'Etat peut y injecter du capital. On ne critique jamais une entreprise privée qui procède à une recapitalisation. Pourquoi pousse-t-on toujours des cris d'orfraie quand c'est l'Etat qui investit pour le futur dans une entreprise publique ? Et de l'argent, nous, on sait où en trouver ! J'ai encore lu ce matin que les entreprises du CAC 40 disposaient de plus de 25 milliards d'euros de trésorerie…

Permettre à Alstom de développer l'activité de maintenance est évoqué comme une solution, or ce sont les opérateurs, dont la SNCF, qui en ont aujourd'hui la charge. Qu'en pensez-vous ?

Qu'Alstom veuille prendre l'activité de maintenance de la SNCF, ce n'est pas nouveau. C'était déjà le cas sous la direction de Patrick Kron. On le comprend bien, c'est une activité juteuse. Mais la maintenance n'est pas le coeur de métier d'Alstom. Plutôt que de chercher à piquer le boulot des autres, les entreprises françaises du ferroviaire devraient travailler plus ensemble. Alstom, la SNCF et la RAPT doivent collaborer plus étroitement.

Propos recueillis par Manuel Moragues

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