© Jean-Louis Salque - L'Usine Nouvelle
[ACTUALISE] La RATP a renoncé à percevoir des pénalités pour faciliter la transaction, facilitant l'accord entre Alstom et le FSI.
L'acquisition du fabricant de tramway sur pneus Translohr par Alstom et le FSI est désormais entérinée. Le montant de la reprise a été établi à 35 millions d'euros : Alstom récupère 51 % de Tranlsohr Industrie, et le Fonds stratégique d'investissement (FSI) 49 %. L'accord, a été conclu avec le soutien du Ministère du Redressement productif.
Contacté lundi après-midi le porte-parole du groupe alsacien Lohr Industrie se voulait rassurant : "Ca se poursuit, il n'y a rien de bloquant, juste des points à finaliser", affirme-t-il.
La chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg, qui devait se prononcer lundi 11 juin à 9 heures sur l'état de cessation de paiement déclaré par Lohr Industrie, avait accordé un délai supplémentaire de sept jours.
Lundi matin en séance extraordinaire, la RATP a renoncé à 5,1 millions d'euros de pénalités dues par Translohr dans le cadre des projets de lignes de tramways sur pneus T5 et T6.
Cette décision qui s'accompagnait "d’un engagement de bonne fin d’Alstom pour l’exécution des contrats existants, sans majoration de prix", devait "permettre au groupe Alstom de formaliser la remise de son offre concernant Translohr et garantir ainsi la réalisation de ces deux projets majeurs pour la région Ile-de-France".
Lohr Industrie emploie 941 salariés et sa filiale Translohr 200. Le montant de la vente est largement inférieur à ce qu'espérait le P-DG de Lohr Industrie, Robert Lohr, mais il est vital pour lui permettre de faire face aux dettes de son groupe
La vente de Translohr doit permettre à Lohr Industrie de sortir de la situation de cessation de paiement et d'éviter le redressement judiciaire. "Maintenant se pose la question de savoir ce que vont devenir les salariés de Lohr Industrie, relève Sahin Sarioglu, délégué CGT. La vente procure des liquidités à l'entreprise, mais il faut vite qu'on retrouve de l'activité. On redoute un plan social."
Pour Yves Mattern, de la CFDT, il ne fait guère de doute que la vente de Translohr "permettra aussi de financer un plan social, qui pourra être meilleur qu'en cas de redressement judiciaire".
Cela pourrait concerner selon lui 200 emplois sur les 740 restants, sachant que les effectifs des filiales Lohr Services (SAV) et de Soframe (matériel militaire) seraient préservés.
Les deux syndicalistes renouvellent leur souhait que l'Etat passe rapidement commande de wagons de ferroutage Modalohr, un contrat espéré depuis plusieurs années mais toujours bloqué à l'heure actuelle. "Si la commande était passée dans les prochains jours, on pourrait commencer la production en début d'année prochaine car cela nécessite six mois de préparation dans les ateliers", dit Sahin Sarioglu.











