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L'Usine de l'Energie

Alstom décroche un contrat de 1 milliard d’euros pour raccorder des éoliennes offshore au réseau allemand

Manuel Moragues , ,

Publié le

Le françaisAlstom a été choisi par l’opérateur de réseau haute-tension allemand Tennet Gmbh pour raccorder le futur champ éolien de Dolwin3, en mer du Nord, au réseau terrestre. De quoi mettre sa technologie de courant continu à haute tension à l’épreuve dans l’offshore.

Alstom décroche un contrat de 1 milliard d’euros pour raccorder des éoliennes offshore au réseau allemand © Michal Sacharewicz - Flickr - C.C.

Alstom rejoint ABB et Siemens en fanfare ! Le suisse et l’allemand avaient raflé les sept premiers projets de raccordement au réseau terrestre des lointaines fermes éoliennes offshore de la mer du Nord. Le huitième est pour Alstom. C’est le plus important de tous, avec un montant de plus de 1 milliard d’euros. Le français a annoncé ce mardi 26 février que l’opérateur de réseau haute-tension allemand Tennet Gmbh lui avait attribué le contrat clé en main de la connexion du projet éolien offshore Dolwin3, d’une capacité prévue de 900 mégawatt (MW). "C’est la plus grosse commande que nous ayons jamais enregistrée", s’est félicité le patron d’Alstom Grid, Grégoire Poux-Guillaume, lors d’une conférence téléphonique avec la presse. Et d’ajouter "même en incluant l’époque d’Areva T&D, on double pratiquement notre précédent record."

Comme pour les sept premiers projets, l’éloignement des éoliennes par rapport aux côtes (plus de 80 km pour Dolwin3) impose de recourir à la technologie de courant continu à haute tension, ou HVDC, pour High Voltage Direct Current. L’usage du traditionnel courant alternatif (AC) est en effet exclu pour des liaisons sous-marines  (ou souterraines) de plus de 50 à 70 kilomètres en raison de pertes rédhibitoires. Le schéma du raccordement - que mettra en place Alstom - consiste à connecter toutes les éoliennes en courant alternatif jusqu’à une plate-forme offshore. Celle-ci assurera la conversion en courant continu à haute tension (+/- 320 000 Volts). Un câble spécifique, fourni par le câblier Prysmian pour environ 350 millions d’euros supplémentaires, acheminera les 900 MW d’électricité jusqu’à terre, où une seconde station convertira le courant continu en courant alternatif pour l’injecter sur le réseau.

Version compacte de la technologie à thyristors

Plus précisément, c’est la dernière génération de la technologie HVDC qui est utilisée pour ces liaisons offshore. A base d’électronique de puissance, cette technologie dite VSC, pour Voltage Source Converter, est la version avancée et surtout compacte de la technologie traditionnelle à thyristors (interrupteurs électroniques semi-conducteurs), qui nécessite des filtres couvrant des superficies équivalentes à plusieurs terrains de football. La compacité du VSC est toute relative : les plates-formes pèsent tout de même quelque 20 000 tonnes. Surtout, c’est une technologie récente et complexe que seuls ABB, Siemens et Alstom maîtrisent. Tennet a dû l’étrenner en milieu marin pour satisfaire aux impératifs allemands de développement de l’éolien offshore. Pour l’instant, aucune installation n’est encore passée à l’exploitation commerciale. Sept projets aussi gros et innovants, c’était un peu trop, même pour des géants comme ABB et Siemens. Les deux électrotechniciens ont multiplié les retards et voient leurs marges fondre au fur et à mesure de la réévaluation à la hausse des coûts. L’an dernier, Siemens a provisionné une charge de 278 millions d’euros pour couvrir ces dépassements. Quant à Tennet, il s’est retrouvé sous le feu des critiques et même des  procès pour ne pas avoir tenu ses engagements en matière de délais de raccordement.

Alstom échappera-t-il à ces débuts difficiles ? Grégoire Poux-Guillaume veut le croire, lui qui affirme "avoir appris de ces expériences". Avec le câblier Prysmian et le chantier naval Nordic Yards, "nous avons aussi pris des sous-traitants expérimentés qui ont travaillé sur les premiers projets", ajoute le dirigeant. Surtout, "Tennet a réajusté à la hausse les prix et les délais à des niveaux qui nous paraissent plus favorables", conclut Grégoire Poux-Guillaume. Avec une mise en service prévue pour l’automne 2017, le délai accordé à Alstom est de quelque 55 mois, ce qui représenterait de 20 à 40% de plus que pour les projets précédents de taille comparable. Du côté des prix, le projet, câble inclus, atteint presque 1,4 milliard d’euros alors que les autres projets n’ont pas dépassé le milliard. Pour son premier projet HVDC offshore, Alstom fait fort !

Manuel Moragues

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