Alstom dans les starting-blocks à Saint-Nazaire
Par Camille Chandès - Publié le
Made in France, création emplois, énergies renouvelables… La campagne présidentielle en vue, l'usine d'Alstom avait tout pour attirer Eric Besson, à Saint-Nazaire, ce lundi 23 janvier. Le ministre de l'Industrie était accompagné François Loos, le nouveau patron de l'Agence de l'environnement et de la maitrise de l'énergie (Ademe).
Situé à deux pas des chantiers navals, le site du groupe français se tient fin prêt pour fabriquer des éoliennes en mer. "Je constate que l'éolien offshore est appelé à se développer. La question qui va se poser est la suivante : voulons-nous être seulement des acheteurs de technologies venant d'ailleurs, ce qui a été le cas dans le photovoltaïque, ou devons-nous créer ces filières ?", interroge Eric Besson. "Nous avons les industriels pour jouer un rôle majeur de ce point de vue là", répond-il alors dans la foulée.
Alstom est en effet le fournisseur du consortium mené par EDF Energies Nouvelles (EDF EN) pour répondre à l'appel d'offres lancé par le gouvernement en juillet dernier. L'objectif ? Installer 500 à 600 éoliennes sur cinq sites au large des côtes de la Manche et de l'Atlantique en 2015. Le groupement mené par EDF EN a déposé, le 11 janvier, quatre candidatures pour les sites de Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Courseulles-sur-Mer et Fécamp.
Ainsi, l'usine d'Alstom de Saint-Nazaire est amenée à fabriquer des alternateurs et des nacelles (les pâles seront produites à Cherbourg) et assembler les machines au rythme de 100 par an. Le leader mondial des infrastructures de production et de transmission d'électricité revendique "la seule éolienne entièrement fabriquée en France".
Remporter la bataille de l'appel d'offres
Pour l'heure la machine, baptisée Haliad 150, développée pendant près de trois ans, est encore au stade de prototype. D'une puissance de 6 MW, elle devrait être testée sur terre, au Carnet, en Loire-Atlantique, dans les prochaines semaines, avant des essais en mer au large des côtes belges, dans la seconde moitié de l'année 2012.
Le bâtiment actuel étant trop exigu, Alstom projette de s'implanter à Montoir-de-Bretagne en 2014, sur un nouveau site plus vaste. De 40 salariés actuellement, l'effectif pourrait passer à 300 emplois directs à Saint-Nazaire (500 à Cherbourg et 200 au centre d'ingénierie de Loire-Atlantique) selon l'industriel.
A une condition cependant : remporter la bataille de l'appel d'offres. "L'usine a été dimensionnée pour alimenter trois sites. Il faut donc remporter au moins trois des quatre projets sur lesquels nous sommes candidats", avance Pascal Giraud, le directeur du site.
A Saint-Nazaire, EDF EN se retrouve en concurrence avec l'espagnol Iberdrola associé à Areva. Le consortium emmené par GDF Suez et Vinci a, de son côté, candidaté pour les sites du Tréport, de Courseulles-sur-Mer et de Fécamp avec Areva et de Saint-Brieuc avec Siemens. Résultat attendu le 15 avril prochain, avant le premier tour de l'élection présidentielle.

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