Alstom : bénéfices records, soupçons de corruption07/05/2008
Dans un contexte troublé par une affaire de pots-de-vin, le groupe français d'énergie et de transports a publié ce matin un résultat net en forte hausse à 852 millions d'euros pour 2007-2008.
Alors qu'une affaire de corruption a été révélé hier, Alstom a annoncé ce matin de très bons résultats annuels, au cours d'une conférence de presse. Pour un exercice clos au 31 mars, les commandes ont connu une progression record de 23 %, à 39,2 Mrds d'euros, dans tous les secteurs. La stratégie de croissance interne du leader des trains à grande vitesse a donc payé : le chiffre d'affaires atteind 16,9 milliards d'euros (+19 %), le résultat opérationnel a bondi de 35% à 1,29 Mrds d'euros et le bénéfice net est en hausse de 56% à 852 millions d'euros. Ces bonnes performances ont fait passer la marge de 6,7% l'an dernier à 7,7% en 2007/2008. Autre conséquence : pour 2010, le groupe révise à la hausse sa marge à 9 %.Patrick Kron, le PDG, a expliqué cette croissance par une demande particulièrement soutenue dans les deux métiers du groupe, la production d'électricité et le transport. Alstom a notamment vendu 38 turbines à gaz, en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique et a remporté un important contrat de turbines à vapeur et alternateurs pour une centrale à charbon en Afrique du Sud. La division Power Systems a enregistré une hausse de 21% de ses commandes, la branche Power Services, une progression de 8 % et la sectionTransport, 39 %. Avec un cash flow très élevé et une trésorerie positive de 904 millions d'euros contre une dette de 64 millions lors de l'exercice précédent, «nous allons continuer à faire des acquisitions ciblées et doubler le dividende de nos actionnaires en juin prochain», s'est félicité ce matin Patrick Kron. « Ce sont de vieilles affaires » L'annonce de ces résultats intervenant dans le contexte embarrasssant d'une affaire de corruption, révélée hier par le Wall Street Journal, le PDG a dû s'en expliquer en marge de la conférence. Le fleuron industriel de l'Hexagone est dans le collimateur de la justice française après une dénonciation des autorités suisses qui soupçonnent Alstom d'avoir versé des pots-de-vin pour l'attribution de contrats à l'étranger entre 1995 et 2003, notamment en Asie et en Amérique du Sud. «Je n'ai pas d'élément d'information, je ne sais rien à propos des soupçons de corruption qui pèsent sur notre groupe», a affirmé le PDG questionné à ce sujet. Ce sont de vieilles affaires remontant à la fin des années 1990, a martelé le PDG arrivé à la tête du groupe en 2002. Alstom collabore avec la justice. (... ) Nous menons toutes les enquêtes nécessaires». Interrogé sur le marché d'expansion du métro à Sao Paulo, visé par les soupçons de corruption, Patrick Kron a simplement rétorqué qu'«Alstom était présent au Brésil depuis cinquante ans». Et d'insister sur «les procédures strictes et extrêmement précises» que le groupe a mises en œuvre pour "respecter toutes les règles du commerce international". Depuis le 1er juillet 2000, la France applique une convention internationale de 1997 sur la lutte contre la corruption d'agents publics étrangers dans les transactions commerciales internationale. Celle-ci punit de dix ans de prison et 150 000 euros d'amende tout versement de pot-de-vin en marge de contrats. Carmela Riposa En attente d'un rapprochement avec ArevaPatrick Kron a répété ce matin qu'il était toujours favorable, pour des raisons commerciales, à une fusion avec le numéro un mondial du nucléaire civil, le groupe public Areva. « Je ne connais pas le calendrier, ni l'évolution de ce dossier sur une éventuelle décision de l'Etat. Il n'y a pas une date magique à partir de laquelle une décision devait absolument intervenir », a-t-il souligné. Pourtant, Anne Lauvergeon, la patronne du leader nucléaire, se montre ouvertement hostile à un tel rapprochement, préférant une ouverture de capital. |
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