Allemagne: deux sites d'Opel menacés de fermeture
Par Yann Le Houelleur - Publié le
Initialement prévue le vendredi 4 juin, la réunion consacrée à l’octroi d’aides publiques à Opel est reportée sine die. Les dirigeants d'Opel menacent de fermer deux usines sur les quatre qu’ils possèdent en Allemagne.
Les autorités allemandes ne semblent pas pressées d’accorder à Opel le ballon d’oxygène financier que celui-ci réclame. Vendredi, les représentants du gouvernement fédéral chargés d’analyser les conditions et l’opportunité de mettre en œuvre ce plan d’aide ont reporté leur réunion avec les responsables de la filiale européenne (Opel) de General Motors.
Cette «remise à plus tard» confirme les appréhensions, manifestées quelques jours plus tôt par la direction de GM-Opel comme par les syndicats. Ceux-ci craignent que Berlin ne les fasse attendre à l’excès : ils comptent sur plus d’un milliard d’euros de garanties, pour tirer Opel de l’ornière. Les autres pays européens concernés (Suède et Grande-Bretagne) doivent mettre environ 800 millions d’euros complémentaires à disposition d’Opel.
L’Allemagne est donc amenée à fournir la plus grosse part de cette aide européenne. Faute de quoi la maison mère pourrait faire une croix sur deux des quatre usines d’Open en Allemagne.
"UNE SUPERCHERIE AU DETRIMENT DU CONTRIBUABLE"
La poursuite du plan de restructuration de la filiale européenne de GM est conditionnée à la décision des autorités allemandes (au niveau fédéral comme dans quatre régions concernées) qui paraissent donc freiner des quatre fers. Opel a déjà été amputé d’une usine, à Anvers, et il a subi une saignée de 1,2 milliard d’euro, un plan de compression des coûts qui s’est traduit notamment par des milliers de licenciements.
Au début de l’année, un membre du gouvernement avait vidé son sac (confidentiellement), suggérant que GM tramait "une supercherie" pour obtenir de l’argent du contribuable. De manière plus feutrée, le ministre allemand de l’Economie, Rainer Brüderie, a confié son «scepticisme» sur la demande d’aides faite par GM et Opel.
Le 19 février dernier, le ministre président du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie avait rencontré les dirigeants de GM à Détroit. Il avait alors déclaré à la presse: «Il n’y a aucune décision, ici, au siège de GM, de fermer des usines en Allemagne».
LA MERIVA FAIT PEAU NEUVE
Malgré tout, le jeudi 3 juin, les dirigeants d’Opel ont annoncé la sortie prochaine de la nouvelle génération de la Mireva. C’est la stratégie esquissée par le constructeur automobile germanique en déroute pour conserver sa place de leader européen sur le segment des monospaces. Les principaux rivaux d’Open, sur ce segment, sont Renault et Citroën.
En 2009, plus de 83.000 Meriva avaient été commercialisées. Sur son site, Opel évoque par ces mots le renouveau de la Meriva: «Contrairement à la version qui l’a précédée, c’est un projet 100 % Opel, qui sera destiné exclusivement aux Européens. Initialement, Meriva avait été conçue en partenariat avec la filiale de GM au Brésil, vendue, outre sur ce marché, au Mexique et en Argentine sous la marque Chevrolet.»

dans la même rubrique
25/05/2012 Petroplus freine la croissance du port du Havre25/05/2012 Les salariés de MME Limoges contestent le plan social
25/05/2012 Moscou envisage des changements pour le projet Chtokman












