Si les constructeurs souffrent, les réseaux aussi. Le Conseil National des Professions de l’Automobile tire la sonnette d’alarme pour éviter les faillites.
"La situation apparait comme sans précédent dans toute l’histoire de la distribution automobile française". Olivier Lamirault, président de la branche concessionnaires du CNPA, résume ainsi les difficultés actuelles des concessionnaires.
Depuis plusieurs mois, les réseaux de distribution n’écoulent plus de véhicules neufs, encore moins de modèles d’occasion. Les stocks sont en moyenne de quatre mois, soit le double d’une période normale. Pour noircir un peu plus le tableau, les conducteurs repoussent les réparations de leurs voitures. Le marché des pièces de rechange a donc aussi plongé.
Résultat : les concessionnaires peinent à maintenir leur trésorerie à flot et voient la confiance des banques diminuer. "Nous n’avons pas encore enregistré de cas de défaillances, mais à l’approche de l’été, une période toujours plus difficile, nos collègues sont d’autant plus inquiets", souligne Olivier Lamirault, lui-même concessionnaire multimarques.
Et mieux vaut aujourd’hui être affilié à une marque qui génère du cash comme Volkswagen qu’être concessionnaire Peugeot, même si toutes les marques sont plus ou moins touchées, reconnait Olivier Lamirault.
Revoir le business model
Le CNPA en appelle aux constructeurs, pour réduire la part variable de la rémunération des concessionnaires. Ce qui revient à baisser les objectifs de ventes de véhicules comme de pièces de rechange. Plus largement, l’organisme souhaite une réflexion sur le business model des concessions avec les constructeurs et la prise en considération par les pouvoirs publics des problèmes des distributeurs.
"Si des mesures de soutien au financement sont proposés aux sous-traitants, l’Etat ne doit pas oublier que des concessionnaires rencontrent les mêmes difficultés et pourraient aussi bénéficier d’aides", précise Oliver Lamirault.









