Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin ont reçu la semaine dernière les dirigeants et les syndicats d’Alcatel-Lucent. Ordre du jour : le plan de 5000 suppressions d’emplois annoncé en juillet.
En juin dernier, l’équipementier télécoms français Alcatel-Lucent annonçait la suppression de 5000 emplois dans le monde. Un plan dont les détails doivent être dévoilés courant septembre. Il n’en fallait pas moins pour convaincre le nouveau gouvernement de rencontrer les représentants de l’entreprise. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif et Fleur Pellerin, ministre déléguée aux PME, à l'innovation et à l'économie numérique ont ainsi reçu le directeur général de l’entreprise, Ben Verwaayen et son président du conseil d’administration, Philippe Camus, ainsi que l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC et CGT.
Les syndicats ont en particulier confié leurs craintes face aux équipementiers chinois, dont les produits – qu’ils jugent tout aussi valables techniquement que ceux des autres- sont bien moins onéreux. "Comme l’Union Européenne veut des prix bas pour les consommateurs, les acteurs chinois sont sûrs de gagner, regrette Hervé Lassalle, délégué syndical CFDT Alcatel-Lucent. Ils font du dumping social et commercial et de fait, nous ne jouons pas dans la même cour. En France, de plus, avec l’arrivée de Free Mobile, des Bouygues Télécoms ou SFR, et peut-être même Orange peuvent être tentés de se tourner vers ces équipementiers asiatiques. Et même si ils n’achètent pas leur produit, d’exiger de toutes façons des baisse de prix quel que soit leur fournisseur."
Tout en reconnaissant les limites de leur requête, les syndicalistes ont ainsi interpellé la ministre sur l’importance de conduire les opérateurs télécoms à préférer les équipementiers européens. Autre argument en faveur d’une préférence européenne, les risques liés à la crainte de l’installation de logiciels d’espionnage chinois dans les réseaux européens. Les USA ont d’ailleurs jusqu’ici empêché Huawei et ZTE d’entrer dans leurs réseaux.
Un plan fibre et 4e génération mobile
Fleur Pellerin a confirmé aux syndicats d’Alcatel-Lucent que le gouvernement travaillait sur des plans d’investissement dans la fibre optique et la 4e génération de téléphonie mobile. Une bonne nouvelle tempérée par Hervé Lassalle : "la fibre, ce sont principalement des investissements en génie civil, et il faut encore que nous soyons sélectionnés." Comme le délégué syndical l’a rappelé à la ministre, Alcatel-Lucent a choisi de revenir dans le mobile avec la 4G. Et en 2011, il s’est distingué avec l’équipement d’une partie du premier grand réseau 4G au monde, celui de l’opérateur américain Verizon. Depuis, plus rien ou presque, reconnaissent les syndicats. "Au-delà du contexte de crise, la stratégie Verwaayen-Camus ne marche pas", continue Hervé Lassalle.
Les dirigeants d’Alcatel-Lucent, eux, n’ont pas souhaité s’exprimer sur leurs rendez-vous avec les ministres. Ces derniers non plus. Selon le quotidien Les Echos, Arnaud Montebourg a simplement expliqué qu’Alcatel-Lucent n’avait pris aucun engagement auprès de lui concernant l’emploi en France, qu’il était en discussion avec l’entreprise et qu’il souhaitait "travailler avec les organisations syndicales" après sa rencontre avec Philippe Camus.









