ALAIN LUNATI - GÉNÉTICIEN DES CARBURANTS
Par CAMILLE CHANDÈS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3266Dans la famille Lunati, les frères sont ingénieurs et entrepreneurs. Il y a l'aîné Thierry, le cofondateur de Caramail et de Viadeo ; Jean-Michel, le directeur technique d'Apple Europe et Stéphane le cadet qui officie au centre de recherche d'Apple en Californie. Au milieu, Alain n'a rien à leur envier. L'ingénieur de 45 ans, diplômé de Centrale Marseille, a développé la technologie qui manquait à l'industrie automobile : un capteur optique permettant de mesurer en une seconde et avec précision la composition du carburant d'une voiture. Un diagnostic qui, bien utilisé, permet de réduire de 20 % les émissions de polluants (CO2, NOx, particules) et de 5 % la consommation de carburant.
C'est chez le pétrolier BP, où il réalise une thèse, que l'Aixois s'initie à la spectroscopie proche infrarouge. Son principe ? Quand un flux de lumière infrarouge traverse un échantillon de carburant, les molécules qu'il contient (plus de 1 000) vibrent à des fréquences différentes. « On obtient ainsi l'empreinte digitale de chaque carburant », résume Alain Lunati. Un traitement mathématique permet ensuite de retrouver et de classer les molécules. À l'époque, BP utilise la technologie pour mesurer la qualité des carburants fabriqués dans ses raffineries. C'est en 2002 dans un salon à Monaco que la carrière d'Alain Lunati, alors salarié d'ABB va prendre un nouveau tournant. En discutant avec un responsable de Renault, il a l'idée d'appliquer la technologie aux voitures. Il lui faudra un an pour trouver comment miniaturiser le dispositif de 200 kg et le rendre le moins cher possible. Il démissionne d'ABB en 2003, fait des études de marché, contacte tous azimuts équipementiers automobiles et fabricants, tout en vivant de ses indemnités de licenciement. En 2005, il crée sa société SP3H à Aix-en-Provence avec d'anciens collègues de BP et d'ABB (11 salariés). Le modèle économique consiste à vendre des licences d'industrialisation de la technologie (protégée par neuf brevets) aux équipementiers qui fabriquent le dispositif et le vendent aux constructeurs.
« Sur une palette de 100 carburants différents, nous pouvons en moins d'une minute cartographier chacun et dire ce qu'il contient, les constructeurs n'en reviennent pas », s'amuse Alain Lunati. Les premiers capteurs optiques devraient faire leur apparition dans les voitures en 2014. Pour éviter le surmenage, Alain Lunati tente de suivre le conseil donné par ses investisseurs. « J'essaie de ne pas allumer mon ordinateur le week-end. » À sa grimace, pas sûr qu'il y arrive si souvent...
« Je discutais avec un responsable de Renault de mon travail sur la qualité du carburant dans les raffineries. Il m'explique que les constructeurs n'ont pas ces informations. C'est pourtant crucial, car ils ont des normes de rejets à respecter. »
QUENTIN MARTIN-LAVAL (ENPC), pour le développement de FO'X, un système d'éclairage hybride CYRILLE VIRIOT (Enseeg), pour le développement d'une nouvelle génération de réacteurs à ultrasons

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