Aircelle : « Notre activité en 2009 devrait bien résister »
Par Hassan Meddah - Publié le
© Aircelle
Vincent Mascré prendra en octobre prochain le poste de PDG d'Aircelle, la filiale du groupe Safran spécialisée dans la conception des nacelles.
Le secteur aéronautique est durement frappé par la crise. 2010 sera-elle l'année de la reprise ?
Vincent Mascré : L'environnement économique est difficile à court terme. Après les années de forte croissance entre 2005 et 2008, cette année amorce un bas de cycle. 2010 pourrait peut-être marquer une stabilité en termes de volume d'activités. Je ne vois pas de signe de reprise pour l'instant.
Quel est l'impact des baisses de cadences des avionneurs sur votre activité ?
Nos différentes activités ne sont pas touchées de la même manière. Le segment des nacelles pour avions régionaux et d'affaires a connu une baisse brutale à partir de la fin d'année dernière. Celui des moyens-courriers résiste grâce au niveau toujours satisfaisant des livraisons de l'A320 d'Airbus. Pour le très gros porteur quadri-moteurs A380 pour lequel Aircelle est le fournisseur unique, la montée en cadence est moins rapide que prévue mais bien réelle: nous livrerons plus de 80 nacelles cette année contre moins de 60 l'an dernier.
Au global, notre volume d'activité cette année devrait bien résister par rapport à celui de 2008 (chiffre d’affaire 2008 de 712 millions d'euros, ndlr).
Quelles sont les mesures d'ajustement déjà prises pour faire face à la crise?
Nous avons d'une part réduit la main d'œuvre intérimaire et Aircelle ne s'appuie désormais que sur une centaine d'intérimaires. Cela a pu se faire en augmentant même certaines productions, notamment celle des nacelles A380 grâce à une amélioration continue de nos process industriels. D'autre part, nous avons décidé début juillet de sursoir à la décision de transférer vers notre nouvelle usine marocaine les inverseurs de poussée des programmes SAM146 (réacteur de l'avion russe Sukhoï Superjet 100, ndlr) et CF 34-8 (moteur de GE pour l'avion brésilien Embraer 170, ndlr) pour assurer de la charge industrielle sur notre principal site du Havre. Aujourd'hui, nous n'avons pas eu besoin de recourir au chômage partiel.
Dans ces temps difficiles, l'innovation reste-elle prioritaire ?
C'est indispensable. Nous avons fait le choix de renforcer significativement notre budget de recherche amont aujourd'hui de 10 millions d'euros. Nous travaillons activement sur la nacelle toute électrique des futurs monocouloirs, successeurs de l'A320 et B737. L'objectif est de sortir un premier démonstrateur à l'échelle 1 pour la fin 2010. Avec un budget R&D global de 85 millions d'euros, nous comptons des équipes sur tous les types de nacelles, de l'avion d'affaires au gros porteur, ce qui fait d'Aircelle l'unique généraliste dans le domaine.
Votre activité de services est moins développée que vos concurrents. Comment y remédier ?
C'est exact. La part des services dans notre chiffre d'affaires n'est clairement pas suffisante. L'objectif est de la doubler d'ici cinq ans. Aujourd'hui, notre dernière initiative, le lancement d'une offre de maintenance et de réparation facturée à l'heure de vol a bien été accueillie par les compagnies aériennes.

dans la même rubrique
25/05/2012 "La mésaventure de Facebook en bourse est une mauvaise nouvelle pour les introductions"25/05/2012 Jean-Marc Ayrault veut rassurer le PCF
25/05/2012 La Catalogne appelle l'Etat central à l'aide en Espagne












