Airbus ose le rêve américain, PSA réduit à peau de chagrin : une semaine d'industrie

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Deux secteurs cruciaux pour l'industrie se taillent la part du lion dans l'actualité de la semaine. Si l'aéronautique joue la carte de l'optimisme avec les velléités américaines d'Airbus, l'automobile prend encore de plein fouet la crise sous-jacente à une filière en pleine mutation.

Le fait marquant
Airbus a fait les gros titres de la presse économique cette semaine…et pour une fois pas seulement pour parler des problèmes de l’A380.

Car un programme chasse l’autre chez l’avionneur européen. Le 25 juin, le président Fabrice Brégier tient à rassurer sur la tenue du calendrier du programme A350 XWB, le nouveau moyen porteur de la firme. Sur le fond, un double discours qualifié par les commentateurs d’ "optimisme prudent".

Bonne nouvelle pour la filiale d'EADS : les salariés d’Airbus ont enfin une image positive de leur entreprise. Après deux précédentes enquêtes internes aux résultats médiocres, la note globale de satisfaction atteint cette année 3,55 sur 5 et reflète l'optimisme suscité par l'avancement inespéré du programme A380.

La fin de semaine est synonyme de cataclysme chez l'avionneur et sa maison-mère. Des informations - encore officieuses à l'heure où nous écrivions ces lignes - circulent sur la probable installation d’une chaîne d’assemblage d'Airbus aux Etats-Unis. Sur les terres de son concurrent Boeing, le constructeur produirait ses A320, et notamment son Neo, prévu pour 2015

Le PDG d'EADS Tom Enders dément, mais confirme n’avoir "jamais caché que [la] stratégie [d’Airbus] était d'accroitre [son] implantation industrielle (...) aux Etats-Unis". La presse internationale bruisse de rumeurs sur la tenue d’un comité de groupe européen lundi 2 juillet et d'une conférence de presse de Fabrice Brégier le même jour à Mobile, en Alabama, où la nouvelle chaîne d'assemblage devrait être installée.

Lors de la réunion d'information des petits actionnaires d'EADS à Paris jeudi soir, Marwan Lahoud, n°2 du groupe européen, confirme l'usine américaine à demi-mot à L'Usine Nouvelle : "Nous pensons que le fait de produire et vendre des avions qui sortent de la chaîne aux Etats-Unis mêmes crée un climat favorable, et c'est la raison pour laquelle nous allons dans cette direction"

Sauf changement de cap intempestif de la part du groupe, l'officialisation de l'implantation aux Etats-Unis devrait donc avoir lieu en début de semaine prochaine.

Lundi 25 juin
Si des usines sont à deux doigts de la fermeture, d’autres s’implantent et se développent en France : dans la région du ministre du Redressement productif, le géant américain du commerce en ligne Amazon choisit Chalon-sur-Saône pour installer son troisième site logistique en France. Arnaud Montebourg s’est déplacé en personne pour féliciter l’opération.

Côté auto, Toyota opte pour son usine de Valenciennes pour la production de ses véhicules destinés à l'Amérique du Nord. Le site d’Onnaing du constructeur japonais va investir 8 millions d’euros pour fabriquer des Yaris adaptées aux besoins de ce nouveau marché.  

Le gouvernement s’empare du vieillissant code minier pour l’adapter aux contingences environnementales : la nouvelle ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Delphine Batho, annonce la refonte du code, en partenariat avec les associations non-gouvernementales.

Mardi 26 juin
Le "coup de pouce" du gouvernement au SMIC est annoncé, mais il revêt plus la taille d’un ongle. Un petit 2 % d’augmentation au 1er juillet, dont seulement 0,6 émanant directement du gouvernement (les 1,4 % restants étant imputables à la répercussion de l’inflation). Une hausse qui ne devrait pas être trop contraignante pour les industriels, avec une part de smicard dans leurs effectifs beaucoup plus faible que la moyenne.

Le secteur automobile fait encore parler de lui. Alors que Carlos Ghosn justifie ses 9,9 millions d'euros gagnés en 2011 à la tête de Nissan, le cabinet de consultants AlixPartners souligne la faible utilisation des sites de production en Europe dans son étude annuelle publiée le 26 juin : 40 % d'usines automobiles ne seraient pas rentables en Europe. Renault et PSA font partie des constructeurs les plus exposés.

Mercredi 27 juin
Antonio Tajani, le commissaire européen à l’Industrie et à l’Entreprenariat, présentera un plan pour la filière automobile en octobre prochain. Il précise à L'Usine Nouvelle son point de vue sur la situation très critique du secteur : pour lui, "les surcapacités de l'automobile ne peuvent être résolues que par l’industrie".

Transport toujours, cette fois du côté du rail. Dans un avis consultatif, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) prône la mise en concurrence des Trains Express Régionaux (TER). Une initiative qui a pour but de suivre la réglementation européenne de 2009 qui impose aux Etats membres d'être en mesure de procéder à l'ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional en 2019.

La guerre des télécoms continue de faire rage avec une nouvelle salve de critiques du PDG d’Orange Stéphane Richard contre celui de Free Mobile Xavier Niel. A coups de tribunes interposées, les deux industriels s’exposent et explosent.

Jeudi 28 juin
Chez PSA, le dossier Aulnay-sous-Bois continue d’occuper les esprits lors du comité de groupe européen. Selon les syndicats présents, la direction a annoncé qu’un comité central d’entreprise devrait se tenir dans les prochains jours afin de présenter de nouvelles mesures d’économies. Le directeur évoque une situation "très difficile"

Du côté du gouvernement, l’heure est à l’apaisement des acteurs économiques. S’exprimant lors de l’assemblée plénière de la CGPME, le Ministre des Finances Pierre Moscovici s’est dit prêt à mener une politique déterminée pour le tissu productif et doper la compétitivité des entreprises.

Vendredi 29 juin
Nouveau branle-bas de combat dans l'automobile : BMW et Toyota annoncent un protocole d’accord prévoyant un partenariat dans quatre domaines, notamment dans l'hybride. Mauvaise nouvelle pour l'alliance PSA/General Motors, que BMW a donc décidé de laisser de côté dans le développement de ses futurs véhicules propres.

Autre domaine, autre duo : Alstom et Bombardier Transport remportent tous les deux le marché des 70 nouvelles rames du RER francilien et se partagent l'enveloppe de la RATP de plus d'1 milliard d'euros.

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