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Air France convoite le TGV

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
LGV

Air France-KLM annonce des réductions de coûts tous azimuts pour faire face à la flambée du pétrole cet hiver. La compagnie pourrait également profiter de la dérégulation ferroviaire en Europe pour mettre la main sur ce secteur stratégique, en concluant u

Victime comme ses rivales de la flambée du pétrole, la première compagnie aérienne européenne, Air France-KLM, s'apprête à réduire la voilure pour l'hiver. Pour la saison allant de fin octobre à fin mars, le transporteur table sur une quasi-stabilité de ses capacités (+1,1%), contre plus de 4% initialement prévus, et sur une croissance d'un peu moins de 2% de l'offre en sièges kilomètres. Chaque service a été appelé à retarder ses dépenses, et certaines lignes vont possiblement disparaître pour l'hiver sur des destinations touristiques.

Gel des embauches. La compagnie a également annoncé "une maîtrise des embauches renforcée", ce qui correspond peu ou prou à un gel des embauches, et devrait se défaire de ses vieux Boeing 747-400 gourmands en kérosène plus vite que prévu. Au 31 mars 2008, la compagnie disposait de 13 avions de ce type en exploitation, qu'elle prévoyait de faire sortir de sa flotte en 2012.

Vive le rail. Pour faire face à l'envolée du brut, Air France examine surtout la possibilité de conclure un partenariat dans le domaine des liaisons ferroviaires à grande vitesse avec Veolia transport. L'information, tout d'abord parue dans l'édition électronique de la Vie du rail International, a ensuite été confirmée par les deux groupes.

La négociation en cours s'inscrit « dans le cadre de la libéralisation des transports ferroviaires prévue en 2010 », et « avec comme finalité l'émergence d'un nouvel acteur de la grande vitesse ferroviaire sur la scène européenne », a déclaré un porte-parole du transporteur. L'intérêt pour Air France ? Profiter de la prochaine libéralisation ferroviaire pour devenir «maître chez soi». 

Roissy-Bruxelles. Le partenariat avec Veolia concernerait les destinations pas assez rentables pour Air France, ou complémentaires de ses lignes aériennes pour les trajets pré et post acheminement. Premier projet dans les cartons : une liaison Roissy-Bruxelles. Après avoir stoppé sa propre liaison sur ce trajet en mars 2001, le transporteur aérien a noué un partenariat avec Thalys qui lui permet chaque jour de bénéficier de  places « Air France »  dans les trains, pour l'acheminement de ses passagers entre les deux aéroports.

Mais, selon la Vie du Rail, Air France n'est pas satisfaite des conditions de transport, en raison notamment de la mauvaise correspondance entre les trains et les avions. A l'heure de la dérégulation du rail et du kérosène cher, Air France cherche à se placer sur ce secteur stratégique, d'autant que partout ailleurs en Europe l'aérien cède du terrain au rail. Et puis, défaut d'interdire l'accès aux voyageurs volant sur d'autres compagnies, synchroniser les trains et les avions de sa compagnie lui conférerait un avantage certain.

Ana Lutzky

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