Affaire Aprochim : Eva Joly réclame des contrôles indépendants
Par Camille Chandès - Publié le
La candidate d'Europe Ecologie-les-Verts était en visite hier, mardi 24 janvier, en Mayenne. Elle est allée à la rencontre d'agriculteurs victimes d'une pollution aux polychlorobiphényles causée par l'usine d'Aprochim. L'occasion pour Eva Joly de dénoncer le fonctionnement des institutions.
"Je suis ici pour vous écouter, pour voir comment je peux porter votre cause dans la campagne". Attablée dans la salle à manger de la ferme de Jean-Marc Guesdon, éleveur de volailles et président de l'association Terre et Vie d'Anjou, Eva Joly est attentive au cas des victimes d'une pollution aux polychlorobiphényles (PCB).
Le responsable de cette pollution ? L'usine voisine d'Aprochim spécialisée dans la décontamination de transformateurs électriques contenant des PCB. Des traces de ces composés (perturbateurs endocriniens, cancérigènes…) ont été retrouvées au-delà des seuils réglementaires dans la viande des animaux de plusieurs exploitations agricoles riveraines.
A travers ce problème environnemental, la candidate écologiste voit la défaillance de l'Etat "qui n'a pas joué son rôle de protecteur de la santé et de contrôleur des installations classées". Mais elle y dénonce aussi les pratiques d'autocontrôle des pollutions par les industriels. Aprochim, dont le site est classé Seveso seuil haut, faisait en effet appel à une société privée, Axe, pour valider ses autocontrôles. Un cabinet qui, selon les agriculteurs, aurait sous évalué la pollution.
"L'usine aurait dû être contrôlée régulièrement par les services préfectoraux pour vérifier le bon respect des normes. Comme beaucoup de choses, cette tâche a partiellement été privatisée laissant les entreprises payer des laboratoires pour effectuer une partie du travail", dénonce Eva Joly. "Une de nos revendications est la fin de l'autocontrôle et la cotisation obligatoire par l'industriel à un fonds qui rémunère les experts afin de mettre un intermédiaire entre l'entreprise et le vérificateur".
La législation sur les installations classées impose à leurs exploitants de réaliser aux mêmes ou faire réaliser par "une entreprise extérieure de leur choix" des contrôles internes sous forme de prélèvements visant à surveiller certains indicateurs environnementaux (eau, sol, air, bruit, …). Ces données doivent ensuite êtres transmises à l'inspection des installations classées. Un système qui selon l'Etat repose sur la confiance accordée aux industriels et sur leur responsabilisation.

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