Les informations sur ce rapport paraissent ce 5 juillet, jour où les experts du BEA sur l’accident du vol d’Air France en 2009 doivent rendre leurs conclusions.
Selon une source proche du dossier contactée par l’AFP et ayant pu consulter le rapport des experts judiciaires, il met en avant une conjonction d’erreurs humaines et de défaillances techniques.
Les conclusions du rapport judiciaire mentionnent par exemple la perte de données due au givrage des sondes Pitot. Mais aussi une absence de réaction appropriée de la part de l’équipage et un manque de suivi des incidents depuis 2004.
Au total, le rapport compte 356 pages et commence par une description du décrochage de l’avion A330. Il doit être présenté aux familles des victimes le 10 juillet.
"Le décrochage a été initié par une trajectoire non maîtrisée alors que survenait la perte de données de pression totale du fait du givrage des sondes Pitot, accompagnée des alarmes et de la dégradation des systèmes associés, selon les conclusions citées par cette source. Le déficit d'information aux équipages concernant le givrage des sondes ou de l'altitude est contributif de l'effet de surprise".
Les conclusions évoquent ensuite des procédures d'urgence inadaptées, mentionnant que la "procédure +IAS douteuses+ (requise lors du givrage des sondes, ndlr) bien qu'adaptée à la situation était inadéquate au vu des symptômes perceptibles".
Les experts mettraient aussi en avant le fait que le commandant de bord "n'a pas assumé ses responsabilités managériales" et "a inhibé la volonté de bien faire du copilote".
Des modifications techniques sont aussi épinglées car elles n'ont pas été suivies d'analyse de sécurité tandis que sont notées des "spécifications de certification (CS25) qui n'ont pas évolué à la suite des incidents de perte d'indications de vitesse depuis 2004".
Ces révélations interviennent au moment où le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), organisme public français chargé des investigations en matière de sécurité aérienne, s'apprête à rendre public jeudi le rapport final d'enquête. Dans son rapport préliminaire de juillet 2011, le BEA avait largement incriminé les pilotes estimant qu'ils n'avaient pas su faire face aux incidents survenus lors des dernières minutes du vol.
Le crash d'un Airbus A330 qui s'était abîmé dans l'océan Atlantique au large du Brésil, avait coûté la vie aux 228 passagers et membres d'équipage.









