Accident du vol Rio-Paris : chronologie de l'enquête
Par Rémy Maucourt - Publié le
L'accident du vol AF447 reste aujourd'hui encore mystérieux. Les techniciens du BEA analysent actuellement les boîtes noires de l'avion. Alors que le dernier rapport de l'organisme est paru ce matin, retour sur une enquête très sensible.
Le premier juin 2009, le vol 447 Rio-Paris s'abime au milieu de l'océan Atlantique. L'accident fait 228 victimes,sans que l'on sache alors pourquoi l'Airbus A330 d'Air France a subitement disparu.
Si très vite les sondes de mesure de vitesse, les fameuses sondes pitots, sont mises en cause, le rôle du commandant de bord et de ses deux co-pilotes est aussi sur la sellette. Comme pour tout accident aéronautique, c'est le Bureau d'enquête et d'analyse (BEA) qui est en charge du dossier. C'est lui qui communique régulièrement sur l'analyse des boites noires de l'Airbus A330.
Tout l'enjeu est d'établir qui, de l'avion ou des pilotes, est responsable du drame. Autrement dit, qui d'Air France ou d'Airbus est réellement en cause. Mises en examen pour homicides involontaires, les deux entreprises clament leur innocence par services de communication interposés.
Il faudra attendre le rapport final du BEA, prévu pour la fin du premier semestre 2012, pour savoir qui porte la responsabilité du drame. la conclusion de plus d'un an d'enquête depuis la remontée de la première boîte noire :
2 mai 2011
Presque deux ans après l'accident, la première boîte noire de l'Airbus 330 est retrouvée par les équipes de recherche. La seconde est repéchée le lendemain.
Une découverte inespérée, les recherches avaient failli être interrompues en mars. Reste à savoir si la qualité des informations enregistrées dans les boites noires permet une exploitation des données, après deux ans passés dans l'eau à grande profondeur.
16 mai
Soulagement pour les familles de victimes : les enquêteurs annoncent que les données des boites noires sont lisibles. La première contient les paramètres de vol, la seconde l'ambiance sonore du cockpit. Leur analyse peut commencer.
18 mai
Au lendemain de l'annonce du bon état des boites noires, le Figaro croit avoir que leur contenu innocente Airbus. Forcé de réagir, le BEA appelle à la prudence et rappelle que l'enquête durera des mois. Les enquêteurs précisent seulement qu'aucun dysfonctionnement majeur n'a été repéré sur l'avion.
27 mai
Etape importante : le BEA révèle la majeure partie des informations contenues dans les boîtes noires. Parmi les documents les plus poignants, l'enregistrement des conversations dans la cabine durant l'accident.
29 juillet
Après avoir communiqué les principaux éléments de l'enquête fin mai, le BEA diffuse son troisième rapport d'étape sur l'enquête. Les pilotes sont particulièrement mis en cause : une manoeuvre inexplicable semble indiquer une série d'erreurs de la part du personnel naviguant.
3 aout
La tension monte : le BEA est accusé d'avoir censuré une partie de son rapport. L'alarme de décrochage, un des équipements de sécurité de l'avion, pourrait avoir connu une avarie, ce qui a pu provoquer le drame. Cet élément n'est pas présent dans la version finale du rapport, mais dans une version confidentielle qui a fuité dans la presse. En réaction, le BEA annonce qu'il va publier des éléments complémentaires.
7 septembre
Le BEA met en place un groupe d'étude spécial, dédié à l'analyse du comportement des pilotes. Baptisée "facteur humain", cette équipe de sept experts se focalisera sur les actions et réactions de l'équipage.
5 octobre
Le dernier rapport du BEA pointe une fois de plus la responsabilité de l'équipage. La confusion semblait régner dans la cabine peut avant l'accident. Les enquêteurs rappellent toutefois que tous leurs commentaires restent partiels et temporaires. Réponse en 2012.

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