À Wall Street, les investisseurs se font plus frileux
Publié lepar Edward Krudy
NEW YORK (Reuters) - La tendance devrait continuer à être morose cette semaine à Wall Street, face au ralentissement de la croissance économique, aux révolutions du printemps arabe et au risque de défaut sur la dette de certains pays de la zone euro.
Sur la semaine écoulée, l'indice Dow Jones et le Standard & Poor's 500 ont affiché leur quatrième semaine de baisse. Le S&P 500 a reculé de 0,16%, le Dow Jones de 0,56% et le Nasdaq Composite de 0,23%.
Au cours des deux dernières semaines, UBS, Citigroup et Goldman Sachs ont abaissé leurs estimations.
Jonathan Golub, responsable de l'investissement en actions chez UBS à New York, a décidé de ne pas bouger son objectif sur le Standard & Poor's 500 à 1.425 points, mais il a augmenté ses prévisions de bénéfice par action pour les sociétés de l'indice.
Il a relevé son estimation moyenne du résultat par action des sociétés de l'indice de 96 à 101 dollars par action pour 2011. Ce qui revient à ramener le PER estimé de 14,8 à 14,1. Cela équivaut aussi à une hausse du rendement attendu pour les actions qui passe ainsi de 6,8% à 7,1%.
C'est important parce que ce PER attendu était déjà inférieur à ce que les investisseurs ont historiquement consenti à payer pour les sociétés du S&P 500. Sur les cinq dernières années, le PER moyen est de 15,6 fois et de 19,2 depuis 1988, selon Standard & Poor's.
"Les résultats vont continuer à surprendre positivement mais les investisseurs resteront réticents à croire que cela pourra durer et, de ce fait, ne vont pas totalement y croire", commente Jonathan Golub.
Il dit tenir compte des indicateurs économiques qui montrent un ralentissement dans le secteur manufacturier, un marché immobilier mou et un taux de chômage élevé. Tous ces facteurs pèsent sur le moral des investisseurs. C'est d'ailleurs pourquoi les investisseurs se sont tournés ces derniers temps vers les valeurs défensives.
LÉGERS GAINS
On en saura plus cette semaine avec l'indice ISM des directeurs d'achat du secteur manufacturier pour le mois de mai et surtout avec la statistique star des indicateurs économiques : les chiffres mensuels de l'emploi qui seront publiés vendredi.
Le marché anticipe moins de 200.000 créations d'emplois hors secteur agricole pour le mois de mai. Chez Goldman Sachs, on prévoit 150.000 créations nettes d'emplois, alors que le consensus Reuters est à 185.000 (et le taux de chômage à 8,9% de la population active).
Mercredi, un indice ISM inférieur à 60 signifiera "que le gros de la croissance est passé et que les investisseurs devront sans doute ajuster leurs anticipations", commente Michael Sheldon, chez RDM Financial. Les économistes interrogés par Reuters anticipent un indice ISM à 58, contre 60,4 en avril.
Goldman Sachs a également baissé ses anticipations pour le niveau de fin d'année du S&P 500, qui était l'un des plus élevé de Wall Street. La banque d'affaires voit désormais l'indice de référence des gérants de fonds à 1.450 et non plus à 1.500.
Citigroup a laissé son objectif inchangé à 1.400 pour le S&P 500, tout en relevant sa prévision moyenne de BPA, la faisant passer de 96,50 à 98 dollars.
Même si l'indice atteint ces niveaux, les gains seront légers comparés à la hausse de près de 80% du S&P 500 depuis son point bas de mars 2009.
"La bonne nouvelle c'est qu'il y a un potentiel de hausse. La mauvaise c'est qu'on a déjà fait 80% à 90% de cette hausse", commente Bill Strazzullo, responsable de l'investissement chez Bell Curve.
Il n'anticipe pas pour autant une baisse très forte du marché, mais, dit-il, "on pourrait baisser beaucoup plus que ce qu'anticipent la plupart des gens."
Danielle Rouquié pour le service français
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