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A Saint-Martin, après le chaos place à la reconstruction

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A peine une semaine après le passage d'Irma, un cyclone de catégorie 5, parmi les plus puissants jamais enregistrés dans la zone Antilles, Saint-Martin, l'île touchée de plein fouet par des vents dépassant les 360 km/h, émerge peu à peu du chaos dans lequel elle a sombré.

A Saint-Martin, après le chaos place à la reconstruction
A Saint-Martin, après le passage de l'ouragan Irma
© Amandine Ascensio

Dans les rues de Marigot, la capitale de la partie française de Saint-Martin, les habitants commencent à déblayer leurs maisons, leurs commerces, leur rues. "Il faut qu'on se relève, on est obligé de se remettre debout", affirme Jean-Claude Richardson, le patron du Lucy's Snack bar qui a ouvert, pour le second jour consécutif, avec le peu du stock qui lui reste. Autour de lui, les quelques habitués présents acquiescent.

Saint-Martin avant Irma, c'était un peu le Las Vegas des Antilles, comme disent les habitants du coin. Désormais, c'est un champ de ruines. Irma a dévasté la végétation d'ordinaire si verdoyante. Il ne reste que des arbres nus, des palmiers décharnés et une terre brunie. Des rues et des jolies cases créoles qui faisaient le charme de l'île ne subsistent que des maisons crevées, éventrées, trouées, de la tôle pliée. Si les gens conservent le sourire dans la rue et se saluent gaiement en se félicitant d'être encore en vie, il n'est pas rare d'assister à la montée de larmes de ceux qui ont tout perdu en quelques heures. Maison, voiture, emploi. Tout d'un coup. L'estimation du montant des dégâts ? Plus d'un milliard d'euro.

Internet, telephone, electricité... Les réseaux n'ont pas tenus

Pourtant, l'île reprend pied. Depuis l'arrivée de l'armée, des gendarmes et des policiers (près de 3 000 hommes déployés d'ici à la fin de la semaine), la sécurité, qui faisait défaut du fait notamment de pillages incessants depuis l'accalmie météorologique, est revenue. Sans pour autant faire taire des rumeurs de cadavres trouvés dans des containers, ou flottant dans le lagon qui borde Saint-Martin, finalement rejetés par les flots. "Il ne faut pas croire ce que racontent les réseaux sociaux, ces rumeurs sont fausses : le bilan reste pour l'instant de 11 morts", assène Samuel Finielz, le procureur de la République de Basse-Terre en Guadeloupe, en charge de la juridiction de Saint-Martin.

Des rumeurs alimentées par le choc psychologique de ceux qui ont vécu l'événement, mais aussi par l'absence de communications. Les réseaux téléphoniques ont été coupés suite à l'arrachage d'un câble sous marin et l'effondrement de pylones, coupant du monde l'ensemble des personnes présentes sur l'île. Le réseau internet est également tombé. Seul quelques rares endroits dans l'ile permettaient jusqu'à ce début de semaine de capter et d'envoyer des nouvelles à sa famille.

L'électricité, coupée depuis bientôt une semaine, fait de timides réapparitions dans certains quartiers et permet de recharger portables, ordinateurs et tout ce qui peut connecter au monde extérieur. Pour l'eau, en revanche, c'est une autre histoire. L'usine de dessalinisation qui permettait l'approvisionnement en eau potable du territoire est également hors service. "Nous faisons venir de nos amis américains deux usines mobiles qui devraient accoster dans les prochaines heures", a indiqué le président Emmanuel Macron, en visite sur l'île le 12 septembre. Cela devrait permettre de remettre la capacité de production à un tiers de ce qu'elle était d'ici au 20 septembre prochain.

Les saint-martinois devront donc continuer longtemps de se laver à la bouteille, avant de pouvoir espérer retrouver l'eau dans leur robinet. C'est aussi cela qui constitue un véritable défi : fournir des vivres et de l'eau aux citoyens, qui commencent à épuiser leur réserves, à avoir faim et soif, sans possibilité de communiquer sur les points de ravitaillement.

Selon les annonces faites par l'équipe présidentielle, l'école devrait reprendre également, dès le début de la semaine prochaine, le temps pour l'armée de déployer les tentes gonflables pour ériger des salles de classes. L'hôpital, touché également, devrait voir sa capacité d'accueil rester minime, "durant des mois", selon Pierre Thépot, le directeur du CHU de Pointe-à-Pitre dépêché sur place. Pour les entreprises, des mesures de chômage partiel seront décrétées, et un revenu de subsistance établi pour les individus.

De la solidarité

Les saint-martinois font preuve d'un optimisme sans faille, parfois entrecoupé de larmes, avec le sentiment d'être des survivants. Des poches de solidarité se mettent en place, on s'aide entre voisins, entre familles, entre amis, entre collègues. L'aide vient de l'extérieur aussi, avec des élans chaleureux venus de Guadeloupe, de l'Hexagone, de simples individus, ou d'associations sur tous les sujets : école, ravitaillement, hébergement de sinistrés en Guadeloupe, ou même, sur la question des réseaux ou de l'énergie, des geeks et technophiles acheminent matériel et entendent installer un pont wifi entre Saint-Martin et Saint-Barthélémy et reconnecter la population.

A Saint-Martin, Amandine Ascensio

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