A quoi sert vraiment le rapport Sartorius sur PSA ?

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PSA Aulnay - Portes
© D.R. - PSA Peugeot Citroën

  Plus proche de l’étude de cas d’école de commerce que du traité de révolution industrielle, le document liste les faiblesses de PSA sans apporter de réelles solutions.

Un "que sais-je" de l’industrie automobile, c’est la réflexion que se sont faits plusieurs journalistes en parcourant le rapport Sartorius, rendu public mardi 11 septembre. Le document de 31 pages avait pour mission "d’expertiser la situation réelle de PSA" et "d’évaluer les mesures proposées par la direction du groupe".

L’ingénieur des Mines Emmanuel Sartorius réussit l’exercice, retraçant les difficultés d’un groupe aux capacités industrielles devenues trop importantes au regard des ventes. PSA pourrait produire 4 millions de véhicules dans le monde, "quand il n’a jamais dépassé les 3,6 millions", pointe son auteur.

S’il écorne la stratégie des dirigeants aussi bien à l’international que sur le rachat d’actions, l’ingénieur valide en partie le plan d’économies de PSA comme un mal nécessaire, pour remettre le constructeur dans le droit chemin.

Stratégie et avenir hypothéqués

C’est sur le second volet que pêche le rapport. Dans sa lettre de mission, Emmanuel Sartorius devait "étudier d’éventuelles alternatives davantage protectrices de la production et de l’emploi en France", tout en faisant "la lumière sur l’avenir de la production en France de véhicules par le groupe PSA", notamment dans le cadre de l’Alliance avec GM. On ne trouve rien dans le rapport, hormis l’idée - pas saugrenue mais un peu dépassée aujourd’hui - de fermer Madrid plutôt qu’Aulnay.

"On peut regretter qu’avant d’engager ces investissements à Madrid, PSA n’ait pas une réflexion d’ensemble mené sur l’avenir de ses sites industriels", écrit  simplement l’auteur. L’Alliance avec GM reste aussi en suspens, PSA n’ayant semble-t-il fournit que peu d’éléments. Ce qui hypothèque de fait toute réflexion à moyen terme sur la stratégie comme l’avenir de PSA.

Alors, à quoi sert le rapport Sartorius ? Peut-il servir de base pour une renégociation le plan d’économie annoncé par Philippe Varin, comme l’appellent de leur vœux Arnaud Montebourg et Jean-Marc Ayrault ? Les syndicats interrogés en doutent.

Il aura au moins eu le mérite de permettre au ministre du redressement productif, qui qualifiait il y a quelques semaines PSA de "malade imaginaire", de réapprécier son jugement et parler des "réelles difficultés" du numéro deux de l’auto en Europe…

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