A la veille d’une augmentation de son capital, Areva voit son carnet de commandes progresser
Le 05 mars 2010 par Yann Le Houelleur
Sur la sellette, Anne Lauvergeon a présenté les résultats de l’exercice 2009 et elle a rappelé les objectifs du leader mondial dans le domaine du nucléaire civil
Alors que les rumeurs sur son départ vont bon train, alimentées par ce qu’elle appelle «des groupuscules», Anne Lauvergeon a présenté le jeudi 4 mars les résultats du groupe qu’elle préside : Areva. Malgré un contexte macroéconomique défavorable, le leader mondial dans le domaine du nucléaire civil a vu son chiffre d’affaires progresser de 5,4 % par rapport à 2008, s’étant établi à 8,53 milliards d’euros. Le résultat opérationnel du groupe est revenu dans le vert (97 millions d’euros).
Dans une interview aux Echos, Anne Lauvergeon s’est réjouie du gonflement du carnet de commandes, qui atteignait 43 milliards d’euros à la fin de 2009, en progression de 1,8 % sur l’exercice antérieur. Elle a démenti le fait que les commandes fermes se feraient attendre. «Jamais nous n’avons eu autant de négociations en parallèle», a-t-elle rétorqué. Areva compte décrocher d’importants contrats en Grande-Bretagne et en Inde, notamment, se consacrant par ailleurs au projet de mise en œuvre du réacteur EPR à Penly, en Seine Maritime. Pour revenir au carnet de commandes, la présidente d’Areva a rappelé qu’il avait même doublé en cinq ans.
Actuellement, la moisson de réacteurs à eau légère implantés par Areva (aussi bien des centrales en fonctionnement que des chantiers en cours) s’élève à 102 unités. Anne Lauvergeon a confirmé les orientations stratégiques esquissées en vue de 2012 : construire un tiers des nouvelles capacités nucléaires dans le monde, sécuriser le cycle du combustible et développer une offre en énergies renouvelables (éolien, les bioénergies, le solaire et l'hydrogène et le stockage de l’énergie). De telles ambitions devraient permettre au chiffre d’affaires d’Areva de bondir cette année-là à 12 milliards d’euros.
Toujours est-il que bien des incertitudes se font jour quant à l’avenir d’Areva dans le contexte de la reconfiguration de la filière nucléaire tricolore. Pour aller de l’avant, la compagnie présidée par Anne Lauvergeon aura besoin d’argent frais. Les pouvoirs publics, qui détiennent 87 % du capital, ne vont pas tarder à arrêter les modalités de l’augmentation de 15 % de celui-ci. Trois investisseurs potentiels sont sur les rangs : Mitsubishi, les fonds souverains du Koweït et ceux du Qatar. Résultat des courses, semble-t-il, avant l’été.

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