A bout de souffle, Lycos n'aboie plus et se vend 36 millions de dollars
Publié le
© Lycos
La marque au labrador noir, ex-coqueluche du Web, ne vaut plus grand-chose... En 2000, au sommet de la bulle Internet, Telefonica s'offrait Lycos pour 12,5 milliards de dollars. Dix ans plus tard, le groupe indien Ybrant Digital vient de s'emparer des restes du portail pour seulement 36 millions de dollars.
12,5 milliards de dollars (soit 9,7 milliards d'euros). C'est la coquette somme déboursée par Telefonica, l'opérateur historique espagnol, pour s'emparer du portail américain Lycos en 2000 par l'intermédiaire de sa filiale Internet Terra Networks (depuis intégrée à Telefonica). C'est aussi le symbole de l'une des chutes les plus spectaculaires consécutives à l'explosion de la bulle technologique. Car aujourd'hui, Lycos, créé en 1995, n'est plus que l'ombre de sa splendeur passée.
La descente fut brutale. Lâché par Telefonica en 2004, le groupe s'est fait racheter par le portail sud-coréen Daum Communications, pour quelques 95 millions de dollars (74 millions d'euros). Mais celui-ci vient de jeter l'éponge et de revendre l'entreprise à Ybrant Digital, un spécialiste indien du marketing interactif. Lequel récupère les restes pour la bagatelle de 36 millions de dollars (28 millions d'euros). Les restes américains et européens. Car les marques de Lycos Europe - qui étaient détenues indépendamment par Bertelsmann, Telefonica et Daum Communications -, ont été reprises par Lycos en juin 2009, faute d'acquéreur sur le vieux continent (hormis le service de messagerie français Caramail, qui est tombé dans l'escarcelle de l'allemand United Internet début 2009).
Va chercher ! Go get it !
Que s'est-il passé ? Pour Olivier Duffez, consultant indépendant spécialisé en référencement naturel et éditeur du site d'information WebRankInfo.com, « la partie d'origine de Lycos, c'est-à-dire ses activités dans la recherche d'information, ne vaut plus grand chose faute de fréquentation. Ses parts de marché sont microscopiques ». Et la tendance ne risque pas de s'inverser : « Dans les moteurs de recherche, face aux efforts déployés par Google, Yahoo ou Microsoft, Lycos n'a quasiment aucune chance de remonter la pente », estime le consultant.
S'y ajoute une dimension propre à Internet. « Sur le Web, les marques peuvent prendre de la valeur en six mois. Mais cette valeur peut aussi très vite chuter lorsque l'audience est moins importante ».
Mais le portail pourrait se refaire un nom dans les contenus ou les réseaux sociaux, d'après le consultant. Reste à voir si Ybrant saura revigorer les joyaux qu'il a acquis au prix fort à son apogée, parmi lesquels Tripod et AngelFire (des services d'hébergement), Gamesville (des jeux en ligne), WhoWhere (un outil de recherche de personnes), WebOn (un outil en ligne de création de sites Web) et Hotbot (un méta-moteur). Le nouveau propriétaire indien est confiant. Il souligne dans un communiqué que Lycos, revenu dans le vert en 2009, accueille toujours chaque mois 12 à 15 millions de visiteurs uniques aux Etats-Unis et qu'il reste dans le top 25 des sites les plus fréquentés à l'international.
Christophe Dutheil

dans la même rubrique
25/05/2012 La semaine de l'économie du 21 au 25 mai25/05/2012 Asahi perplexe sur le prix payé pour Independent Liquor
25/05/2012 Les euro-obligations sont une illusion, selon Jens Weidmann












