À AIX-LA-CHAPELLE ON S'INSPIRE DU SMARTPHONE
Par PAR MIREL SCHERER - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3252Le laboratoire de machines-outils d'Aix-la-Chapelle (Allemagne) prépare les solutions d'usinage de demain. Comme ce prototype de commande pour les machines-outils, aussi facile à utiliser qu'un iPhone !
Rue Steinbach, à la périphérie d'Aix-la-Chapelle, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Au milieu du chantier gigantesque du prochain campus de l'École supérieure technique (RWTH), des immeubles sans âme abritent plusieurs laboratoires et instituts de recherche Fraunhofer. Un campus qui s'installera d'ici à 2020 sur 800 000 mètres carrés et regroupera des entreprises et des instituts de recherche. En attendant, cette véritable ville de la production concentre d'ores et déjà la matière grise la plus importante de l'Allemagne dans ce domaine. Les moyens de fabrication laser n'ont pas de secret pour les chercheurs de l'Institut de technologies laser (ILT), tandis que les systèmes de production les plus innovants sont testés à l'Institut Fraunhofer pour les technologies de production (IPT).
Des tripodes et une armée de chercheurs
Mais c'est une visite au WZL (Werkzeugmaschinenlabor), le laboratoire de machines-outils de la RWTH, qui démontre la formidable puissance de la recherche allemande dans ce domaine. Installé sur quelque 10 000 mètres carrés, ce creuset des nouvelles technologies de fabrication garde toute sa jeunesse malgré son âge plus que centenaire : le WZL a en effet vu le jour en 1906 ! Des équipements de dernière génération, centres d'usinage cinq axes et machines multifonctions, voire des hexapodes, prêtés par les constructeurs, sont exploités par une armée de chercheurs passionnés. Six cents employés s'affairent dans les trois ateliers distincts du laboratoire. Plusieurs projets d'avant-garde y sont menés et l'intégration des fonctions intelligentes dans le fonctionnement de machines-outils est au centre des préoccupations. Prenons l'exemple de la nouvelle interface homme-machine développée par l'équipe de Daniel Kolster. Le constat des chercheurs allemands est simple. « La sophistication permanente des machines-outils a imposé des commandes numériques de plus en plus complexes », explique Daniel Kolster. De nombreuses touches et boutons à manipuler, un écran dont la taille est trop réduite pour les séries de fonctions affichées malgré des programmes de plus en plus conviviaux... L'utilisation des commandes numériques n'est pas de tout repos pour les opérateurs. « Nous nous sommes intéressés aux commandes intuitives utilisées dans les automobiles et les téléphones portables de dernière génération », explique le spécialiste. Simples d'utilisation et efficaces, ces boîtes noires donnent accès aux fonctions les plus complexes. L'équipe s'est ainsi penchée sur le système de navigation d'une BMW qui permet à tout conducteur, grâce à quelques touches et à un joystick, de jongler entre différentes fonctions - GPS, audio... Autre idée lumineuse : imiter la convivialité des écrans tactiles des smartphones.
Contrôler au doigt et à l'oeil
Les visiteurs de l'EMO, qui prendra ses quartiers du 19 au 24 septembre 2011 à Hanovre (Allemagne), auront ainsi la possibilité de programmer les usinages les plus complexes en manipulant ce système de navigation central. Un simple mouvement du doigt, comme sur un iPhone, leur permettra d'accéder aux différents écrans d'information sur l'usinage en cours. « Ils pourront, par exemple, simuler les processus d'usinage ou effectuer rapidement une sélection d'outils de coupe adaptés », indique Daniel Kolster du WZL. Un rendez-vous à ne pas manquer...

dans la même rubrique
25/05/2012 La semaine de l'économie du 21 au 25 mai25/05/2012 Asahi perplexe sur le prix payé pour Independent Liquor
25/05/2012 Les euro-obligations sont une illusion, selon Jens Weidmann












