787 : les fournisseurs français de Boeing prêts à monter en cadence
Par Hassan Meddah - Publié le
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Capacités industrielles, ressources humaines…les partenaires hexagonaux de Boeing sont prêts à augmenter leurs cadences de production et suivre le rythme imposé par l’avionneur de Seattle.
Pour rattraper une partie du retard pris sur le programme 787, Boeing a placé la barre très haut. Il s’est engagé à assembler 10 appareils par mois d’ici la fin 2013 contre seulement 2 aujourd’hui. "Sans nos fournisseurs, nous ne pourrons relever le défi", indique George Maffeo, vice-président en charge de la supply-chain pour le programme 787 de Boeing.
En rencontrant mercredi dernier une partie des fournisseurs français du 787, le responsable américain a eu de quoi se rassurer. Ces derniers apparaissent plutôt comme les bons élèves de la classe parmi l’ensemble de ses partenaires. "Les fournisseurs français ont largement la capacité de monter en puissance", souligne Yves Galland, président de Boeing France.
De quoi soulager Boeing car les industriels français n’ont jamais été aussi présents sur un avion américain. Ils sont plus d'une dizaine de fournisseurs dont Latécoère (portes passager), le groupe Safran (trains d’atterrissage, freins, câblage…), Thales (armoires de conversion électrique, système de divertissements à bord…), Zodiac (sièges, toboggans d’évacuation, armoire électrique de distribution….), Michelin (pneus), ainsi que fabricants de connecteurs électroniques (Radiall...) et de fixations (Lisi). La vigilance reste toutefois de mise : pour s’assurer qu’ils seront bien au rendez-vous, Boeing dépêche chez ses partenaires français une vingtaine d’ingénieurs en charge de la qualité.
Confiance
Aujourd’hui, la "French team", comme Boeing qualifie son équipe de fournisseurs français, affiche sa confiance. Soit parce que pour certains d’entre eux, ils dépassent déjà les cadences de l’usine d’Everett où sont assemblés les 787. Ainsi Latécoère en charge de fournir les portes passagers, a déjà une cadence de 4 jeux par mois, soit le double de la cadence de l’usine d’Everett du 787. Messier Bugatti Dowty produit actuellement trois trains d’atterrissage par mois."A notre niveau, les investissements industriels ont déjà été réalisés pour assurer le ramp-up. Il n’y aura pas besoin d’investir dans une nouvelle ligne de production mais simplement de faire tourner plus les machines en fonction des cadences demandées par Boeing", explique Alain Sauret, PDG de Messier Bugatti Dowty.
Soit parce qu’ils ont un outil déjà largement dimensionné. C’est le cas de Thales qui fournit les armoires de conversion électrique. "Notre usine de Méru dans l’Oise est capable d'assembler plus d'une cinquantaine d'armoires par an. Sa capacité totale est de l'ordre de 150 appareils par an", précise Jean Marc Alias, en charge de la division des systèmes électriques.
Tous ont intérêt à réussir
Qui plus est, la plupart de ces acteurs peuvent faire appel si nécessaire à des capacités additionnelles de production grâce à leurs usines en territoires low cost. Ainsi Messier Bugatti Dowty pourra s’appuyer sur le Queretaro au Mexique pour des capacités d’usinages et de fabrication de pièces supplémentaires, Thales sur son site de Singapour ...
Vu l’enjeu économique est significatif, tous les parties prenantes au programme ont intérêt à réussir. "Avec la montée en puissance du programme 787, Boeing va devenir notre premier client devant Embraer et Airbus", explique Olivier Zarrouati président de directoire de Zodiac. En moyenne, pour chaque 787 vendu, sa société réalise avec Boeing un chiffre d’affaires de 2,5 millions de dollars. Pour Safran c’est entre 4 et 7 millions de dollars, pour Latécoère 1 millions d’euros…
Tous les fournisseurs du 787 savent qu’ils n’ont pas le droit à l’erreur. "Personne ne veut être le fournisseur qui pourrait être tenu pour responsable de mettre en retard la chaine de production du 787", indique Olivier Zarrouati, le patron de Zodiac. En clair, personne ne veut être le maillon faible.

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