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7 ans de retard pour l’EPR finlandais?

Par  - Mis à jour le 11 février 2013, à 17h00 - Publié le
Areva - EPR Finlande
© D.R.

[Actualisé] L’électricien TVO annonce que l’EPR en construction par Areva en Finlande aura deux ans de retard supplémentaires. La mise en service serait prévue pour 2016, un décalage de calendrier non confirmé par Areva.

Actualisation à 17h00 : Areva a répondu officiellement dans un communiqué à TVO. Selon l'ingénieriste français : "De longue date, le consortium AREVA-Siemens et TVO ont conjointement identifié le contrôle-commande comme un jalon critique dans le bon avancement du projet". Or c'est précisément le contrôle-commande qui est pointé du doigt par TVO comme source de retard. Areva affirme avoir demandé à TVO d'amélioration sa coopération pour obtenir la validation finale de cet élément et ajoute : "Le consortium AREVA-Siemens regrette que TVO continue à ne pas remplir ses obligations pour permettre un bon déroulement du projet". En 2009, le contrôle-commande avait été dénoncé par trois autorités nucléaires : finlandaise, britannique et française. Depuis, ces deux dernières ont validé le nouveau design présenté par Areva.

Nouvelle crise pour le nucléaire français. L’électricien finlandais TVO vient d’annoncer un nouveau retard pour la mise en service du réacteur de 3e génération EPR à Olkiluoto. Selon l’opérateur, la première production d’électricité est prévue pour 2016, au lieu de 2014. Déjà cet été, l’électricien finlandais annonçait que ce délai ne sera pas tenu, sans préciser de date. "Nous n’avons pas encore reçu de mise à jour adéquate du calendrier.[…] La conception de l’instrumentation et des contrôles n’a pas progressé comme prévu, et par conséquent l’achèvement de l’unité pourrait être encore retardé", déclare Jouni Silvennoinen, le chef de projet du réacteur, dans un communiqué du 11 février.

Areva, de son côté, ne confirme pas ce nouveau délai. Se contentant de rappeler que 75 % des travaux sont achevés, la société affirme à l’AFP que les travaux continuent. Depuis ses débuts, le chantier du premier EPR vendu dans le monde multiplie les problèmes. Le déroulé des travaux, débutés en 2005, a été miné par des relations conflictuelles entre Areva et TVO. La mise en service était initialement prévue pour 2009. En raison de retards successifs, l’ingénieriste français a provisionné 3,2 milliards d’euros.

Nouveau coup dur pour le réacteur français

Cette nouvelle péripétie, si elle se confirme, serait un nouveau coup dur pour le réacteur français de troisième génération. Début décembre 2012, EDVF avait déjà annoncé que la mise en service de l’EPR de Flamanville était retardée à 2016 avec un surcoût de 2,5 milliards d’euros, pour un total de 8,5 milliards d’euros. Au même moment, l’italien Enel annonçait son retrait du chantier.

Deux autres EPR sont en construction en Chine à Taischan. Le premier réacteur, dont la construction a débuté en 2008, devrait être mis en production en 2014, soit deux ans avant les deux réacteurs européens. Chez Areva, on explique que cette tenue du calendrier est liée à l’apprentissage et au retour d’expérience sur les premières constructions. Cette réussite est aussi la signature d’une industrie chinoise de la construction nucléaire extrêmement mobilisée et performante (26 réacteurs en construction en Chine).

Malgré ce nouveau revers finlandais, Areva n’est pas décidé à abandonner le pays. La Finlande veut construire un nouveau réacteur de troisième génération sur la presqu’île d’Olkiluoto. Areva a soumis une offre auprès de TVO. Le français est opposé à quatre autres constructeurs : GE-Hitachi, Korea Hydro & Nuclear Power, Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba. La décision des autorités finlandaises est attendue pour 2015.


Ludovic Dupin
 

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2 réactions

Lechesne | 13/02/2013 - 00H17

Le coût prévu pour l'EPR finlandais n'est jamais indiqué. Mais il doit au moins être égal aux 8,5 Md€ de son petit frère de Normandie.

Question coûts, une analyse assez instructive :

http://energeia.voila.net/electri/cout_electri.htm

L'EPR français est à plus de 100 €/MWh, l'éolien terrestre est entre 65 et 85 €/MWh selon le lieu et la durée prise en compte. Le photovoltaïque a un tarif d'achat déjà descendu à 82 €/MWh pour un système de 100 kW crête.

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AtomicBoy44 | 12/02/2013 - 18H56

"GE-Hitachi, Korea Hydro & Nuclear Power, Mitsubishi Heavy Industries et Toshiba."

Tiens, il était pourtant plutôt de bon aloi de penser il y a encore quelques mois, depuis Fukushima, que le japon allait sortir du nucléaire, et on allait voir ce qu'on allait voir du Japon. Je constate que dans trois des concurrents, il y a des noms d'entreprises Nippones.

En revanche, il n'est pas bcp écrit que les USA se cachent derrière par le jeu des rachats et alliances !

Toshiba a racheter Westinghouse et proposera l'AP1000, -le concurrent direct de l'EPR- KEPCO des réacteurs a moitié sous fraude de licences et dans les limites de la sécurité. En tout cas pas du niveau de l'EPR et de ses 3 systèmes redondants indépendants les uns des autres...

Quand a GE, il sont la pour montrer qu'ils existent, mais le patron de GE n'y croit pas trop et disait laconiquement dans une interview cet été que "le monde est a l’éolien et au gaz, que le nucléaire c'est trop cher", sous entendu a cause de la sécurité depuis Fukushima. Mais Que fait Nicoles Bricq ?! Mordel de Berde !

Vous allez me dire que je cherche la petite bête états-unienne avec insistance, mais il y a un moment que je me pose cette question : qui fait pression sur l'autorité de certification du contrôle commande en finalande ? La grande Bretagne qui veut relancer le nucléaire avec un gros programme ambitieux de réduction des GES grâce au nucléaire ? Ou les états-uniens qui commencent a comprendre que les gaz non conventionnels (dits de schistes en France) ne sont pas la panacée et que cela se retourner plus rapidement et plus violemment que prévu contre eux ?

Je refuse de penser qu'AREVA fait tout pour se tirer une balle dans le pied, même si je sais que les français ne savent pas bien vendre leurs produits industriels lourds.

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